M’anfin ! Vola asteûre qui Gaston djase walon" ! Le roi de la gaffe, d’André Franquin, qui s’exprime dans un parler aussi succulent que celui-là, voilà un chouette cadeau à déposer sous le sapin…

Après Natacha (François Walthéry), Tintin, Pierre Tombal ou encore les Schtroumpfs, c’est donc désormais au tour de Gaston Lagaffe d’être adapté en wallon liégeois. Un ouvrage que l’on doit à la maison d’édition liégeoise Noir Dessin Production, connue comme étant spécialisée dans la publication d’ouvrages sur le folklore ou les traditions de chez nous et de bandes dessinées en wallon. Elle s’est à nouveau associée à l’auteur liégeois Paul-Henri Thomsin.

"La volonté est de promouvoir le wallon à travers la bande dessinée car ce média intéresse plus les jeunes générations que les livres traditionnels. On utilise la BD pour permettre au wallon de continuer à exister", précise Michel Elsdorf, l’éditeur.

Pourquoi Gaston Lagaffe ? "C’est un personnage au tempérament qui colle bien aux Liégeois, même s’il est un peu plus distrait… Un peu plus roûvisse comme on dit chez nous", souligne Paul-Henri Thomsin.

Tome 16

Cet ouvrage en wallon liégeois, intitulé Sot’rèyes, bièst’rèyes èt boulètes, est l’adaptation du tome 16 de la collection Gaston Lagaffe Gaffes, bévues et boulettes. Il est bel et bien question d’une adaptation et non d’une traduction littérale.

"Avec ses particularités, ses expressions, ses images, le wallon ne mérite pas une traduction. On ne peut trahir cette richesse, cette saveur, cette truculence de la langue wallonne", estime l’auteur, qui s’est donc inspiré des textes de la version originelle, des images et de l’espace dans les bulles pour proposer une version dans un savoureux wallon liégeois.

Sot’rèyes, bièst’rèyes èt boulètes a été édité à 1 000 exemplaires. Pour la petite histoire, vous y retrouverez un juron d’origine wallonne que Franquin avait mis dans la bouche du rédacteur en chef de Gaston… "J’y ai juste ajouté un ‘u’ en plus ainsi qu’un accent circonflexe sur les deux ‘u’ car la langue wallonne est moins sèche, elle a besoin de plus de longueur", relève Paul-Henri Thomsin.