Liège

Elle s'oppose à la sanction qui a été alourdie contre un de ses délégués et ce, à la demande de la FGTB...

“La direction a condamné notre délégué à ne plus pouvoir exercer son mandat sur le site de montage, ce qui sans preuve probante est une atteinte grave à la liberté syndicale.” La CSC n’est pas contente et depuis ce matin bloque les grilles d’accès au site de la FN Herstal.

Le monde à l’envers dans cette entreprise où la FGTB est majoritaire et part régulièrement en grève pour un oui ou un non. C’est tellement le monde à l’envers que la sanction prise par la direction à l’encontre du délégué CSC est due à la pression qu’a exercée la FGTB sur la direction.

Pour comprendre les raisons de cette querelle intestine syndicale, un petit retour en arrière s’impose. Début de semaine, les ouvriers de la FN Herstal, affiliés à la FGTB, ont débrayé pour protester contre les sanctions, jugées trop faibles, prises par la direction de l’entreprise d’armement à l’encontre d’un travailleur de l’atelier de montage final, délégué syndical CSC à mi-temps. L’homme est accusé d’avoir physiquement et verbalement menacé plusieurs de ses collègues de travail. Ainsi, le 1er février dernier, Vincent, le syndicaliste visé, a écopé d’un rapport négatif concernant la qualité de son travail. L’homme n’a pas apprécié le reproche et s’est énervé. Il affirmait que la pièce fabriquée litigieuse n’était pas de son œuvre et qu’il s’agissait d’un sabotage de la part de ses collègues, membres de la FGTB. Il faut dire que comme l’atelier dans lequel il travaille est presque ’exclusivement occupé par des travailleurs affiliés à la FGTB, il se fait huer tous les jours dès qu’il met le premier pied dans l’atelier pour y travailler…

Cette fois, le ton est monté et Vincent s’est virilement approché de ses contradicteurs tout en disant, c’est d’ailleurs acté sur P.-V. : “Tous ceux qui me sabotent, je vais les faire voler !” Sanctionné par un avertissement, le travailleur a réintégré son poste.

Du coup, la FGTB a considéré que la protection de ses affiliés n’était pas assurée, réclamant le déplacement de Vincent dans un autre atelier. Les affiliés au syndicat socialiste ont dès lors décidé d’entamer une grève. Et, la direction a cédé, elle est revenue sur sa position et a sanctionné Vincent plus lourdement. Le délégué a été écarté non seulement de l’atelier en cause mais en plus l’accès à d’autres ateliers lui est interdit, d’où impossibilité de réaliser son mandat syndical.

Outrés, les affiliés CSC et les employés de la CNE ont alors décidé de partir en grève et de bloquer, dès ce vendredi matin, les grilles de l’entreprise. Une Assemblée Générale aura lieu lundi matin pour décider de la suite des événements. Voilà donc les syndicats qui se déchirent avec pour conséquence, une surenchère de grèves et au final des commandes qui ne seront sans doute pas livrées à temps.