Dalil, Eyyup et Halick encourent des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Liège pour leur implication dans une scène de coups de feu tirés en plein jour à Herstal et un vol avec violence commis à Soumagne. Le plus étonnant, c’est que ce n’est pas la victime des tirs qui a prévenu la police, mais bien les inspecteurs qui ont été interpellés en voyant les trous laissés dans la carrosserie par les balles ! Le 7 janvier 2020, les policiers ont découvert un véhicule Peugeot Partners dans lequel se trouvaient deux impacts de balles dans la carrosserie. Le propriétaire de la voiture a été interrogé et a d’abord prétendu que des personnes inconnues lui avaient tiré dessus. 

L’homme était tellement sous pression qu’il a tenté d’enregistrer son audition à la police, sans aucun doute pour la faire entendre à ses véritables agresseurs. En réalité, il est apparu que c’est Dalil qui avait commis ces coups de feu. Cela faisait plusieurs jours que la victime était mise sous pression. Des personnes avaient notamment défoncé la porte de son habitation et elle recevait des appels menaçants. Le jour des faits, Dalil a croisé la voiture conduite par la victime. Il a poursuivi le véhicule et l’a forcé à s’arrêter. Selon le parquet, il aurait directement frappé à la vitre avec la crosse de l’arme avant de tirer à trois reprises dans le véhicule. Les trajectoires des balles n’étaient pas en direction du conducteur. 

Après cette scène surréaliste qui s’est déroulée en pleine journée dans le centre d’Herstal, les deux véhicules se sont poursuivis avant de s’arrêter sur une place particulièrement fréquentée de la ville. La victime s’est rendue à cet endroit car elle savait que l’endroit était filmé. “Il avait une dette envers moi, liée à une agression dont j’ai été victime une semaine avant les faits”, a déclaré le prévenu. “ Il était intermédiaire dans l’achat d’une voiture. Je suis allé avec lui sur un parking et j’ai trouvé ça bizarre. Il faisait sombre. Il a passé un appel et a demandé à voir les 30 000 euros en liquide”, a déclaré le prévenu à la stupéfaction du juge qui s’est questionné quant au fait qu’un homme qui déclare ne pas travailler se retrouve avec une somme de 30 000 euros en liquide. Les policiers ont également retrouvé une somme de 7 200 euros à son domicile. “C’était la voiture de mes rêves et on m'avait prêté de l'argent”, a répondu le suspect. 

Deux personnes sont sorties de nulle part et m’ont mis une arme sur la tempe. Ils m’ont tiré dessus, sur l’aile gauche.” Une déclaration qui n’est étayée par aucun élément car le véhicule de Dalil ne présente aucune trace de tir. L’homme a ensuite expliqué que sa victime était partie avec ses deux agresseurs… Le prévenu devait également répondre d’un vol avec violence commis à Soumagne le 9 juillet 2020. Lors de ces faits, un policier, voisin des victimes, a sorti son arme à feu et tiré en direction de la voiture des fuyards, faisant exploser la vitre arrière. Les policiers ont retrouvé des traces ADN de deux des suspects. Me Simonis, pour Dalil a plaidé un sursis ou une peine de travail et Me Thône pour Eyyup a estimé qu’il existait un doute quant au prélèvement ADN. Elle a plaidé l’acquittement. Quant à Halick, il n’était ni présent, ni représenté. Le jugement devrait être prononcé à la fin du mois de septembre.