La redynamisation du quartier Marexhe continue à Herstal. En décembre dernier, le quartier et ses dernières réalisations étaient inaugurés. Pour colorer le tout, l’artiste plasticienne et peintre liégeoise, Océane Cornille alias « Whoups » réalise une fresque sur l’ancien bâtiment de « JVM Motos » au numéro 118 de la rue Hoyoux.

Il s’agit d’un projet du Centre culturel de Herstal et de la Régie immobilière communale Urbeo sur l’ancien site de « JVM Motos ». « Le bâtiment était à l’abandon depuis 15 ans, il a été racheté par Urbeo en mars 2020. L’objectif étant de débarrasser le quartier de ses chancres par une démolition puis revalorisation des sites. Les travaux de démolition ont eu lieu en octobre dernier. Un parking temporaire d’une vingtaine de places y a été aménagé », explique Jean-Louis Lefèbvre, bourgmestre f.f. de Herstal.

Cette fresque en cours de réalisation s’intègre dans le projet de rénovation du quartier Marexhe et apporte un nouveau visage aux bâtiments industriels abandonnés.

« Nous avons imaginé le dessin avec Whoups au départ de témoignages de familles dans le cadre de notre programmation ‘Femmes en Résistances’ et, plus globalement, dans notre volonté de promouvoir l’égalité des chances », commente la directrice du Centre culturel, France Remouchamps.

En ce qui concerne l’égalité des chances, l’artiste Océane Cornille en a une vision particulière : « La ­flore est constituée de milliers d’espèces différentes, de formes, de couleurs, de genres, d’origines, de « fonctions », et j’en passe. Ces espèces se partagent l’environnement et le territoire où elles cohabitent toutes ensemble et contribuent à la beauté et l’équilibre de ce monde. Ces végétaux ont un centre, des racines bien ancrées et des feuilles qui poussent et croissent vers la lumière. Peu importe l’incident, l’accident, elles le maîtrisent, le contournent, créent de nouvelles ramifications mais n’arrêtent jamais d’évoluer et de grandir. Chacun d’entre nous est comparable à un de ces végétaux. Cette création est une métaphore, elle parle de tous ces phénomènes, qui ont cette force, cette énergie créatrice de se développer, d’évoluer en suivant le ­flow et le mouvement organique de la vie jusqu’à ce qu’ils cèdent leur place à la nouvelle génération. Comme toutes ces variétés, les êtres humains ont tous une place, de l’importance, des talents et ils méritent tous de démarrer avec les mêmes chances peu importe leurs différences ».

Un règlement communal

A la suite de l’engouement observé ces derniers temps concernant les réalisations de fresques murales visibles depuis l’espace public, un règlement communal a été adopté sur la procédure à engager lorsqu’une personne souhaite faire appel à un artiste pour réaliser une fresque sur son bien.

Dans le but de respecter au mieux le cadre de Ville et d’assurer une homogénéité sur l’ensemble du territoire herstalien, "plusieurs étapes sont à respecter", indique la Ville :

Etape 1 : Le propriétaire, gestionnaire ou gardien du bien concerné introduit une demande auprès de la Ville de Herstal, à l’attention du collège communal, comprenant une description précise du projet et les coordonnées du concepteur de la fresque murale.

Etape 2 : Sur base de cette demande, le jury se réunit et émet un avis circonstancié.

Etape 3 : Le collège communal, sur base de l’avis du jury, émet un accord de principe, sous réserve de l’obtention d’un permis d’urbanisme, et en informe le demandeur.

Etape 4 : Le demandeur introduit, sur base de l’accord de principe du collège communal, une demande de permis d’urbanisme, accompagnée des pièces requises, auprès du service compétent.

Pour rappel, ces fresques murales sont assimilées aux « tags » ou « graffitis » "et leur réalisation doit donc respecter la règlementation associée."