L’Asti, la Cafétéria, le Zocco Chico, le Thème, le Grill Saint-Paul, les Sabots d’Hélène, et bien d’autres encore… comme dans des dizaines d’autres villes ce vendredi, sur le coup de 15 h, l’Horeca était présent en force place du Marché à Liège, pour dénoncer la fermeture prolongée dont ils sont "victimes", bien malgré eux… Au total, une centaine de représentants de l’Horeca (pas plus afin de respecter les mesures sanitaires), assiette à la main, ont pu crier toute leur colère… et témoigner de la détresse d’un secteur en bout de course.

"Nous sommes ici car nous voulons dénoncer tous ces mois de souffrance causés par des décisions politiques discutables", a expliqué au micro Valérie Migliore, du Café Internazzionale, "décisions qui réduisent à néant le travail de toute une vie. Nous ne sommes pas que des numéros d’entreprises, nous devons nous faire entendre". "Aujourd’hui, nous plaidons pour une réouverture immédiate, sans condition", poursuit Alexis Vafidis, de la Cafétéria, "car peu de secteurs ont investi comme nous dans cette crise. Ça suffit. Depuis quand l’Horeca fermé est devenu la norme ?".

Chacun à son tour, les patrons de cafés, brasseries et autres restaurants ont déposé leur assiette en prononçant le nom de leur établissement. Tel un décompte mortuaire…

Dictature du risque zéro

L’émotion était palpable car les visages des femmes et des hommes présents témoignaient clairement d’un mélange de colère et de désespoir. Mais d’être là aussi pour défendre son statut…

"Depuis des mois, nous subissons la dictature de ce risque zéro", poursuit Marie Halkein, également gérante d’un établissement Horeca à Liège. "Qui a le droit de considérer que nous sommes un secteur non-essentiel ? Regardez nos villes et nos villages, moroses et tristes. Si nous sommes essentiels". En Belgique, l’Horeca représente 62 000 établissements et 400 000 travailleurs, directs et indirects.

La crainte ? "Après avoir perdu énormément, on a désormais peur de la reprise lorsqu’elle arrivera", nous confie Marc Carnevale, patron des célèbres Sabots d’Hélène. "En effet, beaucoup de gens de mon âge comptaient remettre mais aujourd’hui, on perd tout et on va encore perdre à la réouverture. Je n’ai pas d’autre choix que de reporter ma retraite de 4 ou 5 ans sans quoi mon établissement n’existera plus".

Face à l’idée d’une réouverture qui ne serait autorisée qu’à la fin du printemps, les avis sont unanimes… "ce serait la catastrophe, nous allons devoir rouvrir avant".