Ce mardi 10 novembre, le député fédéral Ecolo Samuel Cogolati a interrogé la nouvelle ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), concernant le foyer de coronavirus à la centrale nucléaire de Doel mais aussi la situation à Tihange (jamais évoquée jusqu'à présent par l'exploitant).
Il en ressort que la centrale de Tihange est en réalité encore plus impactée que celle de Doel avec 127 personnes (82 collaborateurs et 45 sous-traitants) testées positives entre mars et novembre, dont la plus grande majorité seulement au cours du mois d'octobre.

Suite à cette forte augmentation des contaminations durant ces dernières semaines, la ministre a annoncé des mesures renforcées contre le Covid-19 sur le site hutois. Le télétravail, jusqu'à présent privilégié, est dorénavant obligatoire pour toutes les fonctions non critiques.
Selon les données chiffrées datant du 4 novembre dernier, plus de la moitié du personnel travaille à présent depuis son domicile. Ce qui fait qu'il y a désormais moins de 500 membres du personnel et moins de 1000 sous-traitants sur le site.

Samuel Cogolati a demandé des mesures de protection de la santé du personnel. En réponse, la ministre a indiqué que le personnel pouvait se faire tester non seulement avec des tests PCR mais aussi sérologiques et salivaires. Quant aux mesures de prises de température à l'entrée du site de Tihange, le député Ecolo insiste pour que ces dernières se fassent de manière purement volontaire et anonyme, selon des règles établies en concertation avec les représentants du personnel, en vue d'assurer le respect de la vie privée des travailleurs.

Ce dernier a également exigé des analyses approfondies de vulnérabilité à Tihange, tant au niveau de la sûreté que de la planification d'urgence. " Pas de naïveté, une catastrophe nucléaire en cette période de crise sanitaire serait extrêmement difficile à gérer pour nos services d'urgence", estime-t-il. " Les plans d'urgence internes mais aussi au niveau fédéral doivent être actualisés pour tenir compte des mesures de distanciation physique dans les plans d'évacuation et de la disponibilité en baisse des services de secours, des hôpitaux et même du centre de crise".
A ce sujet, deux exercices ont d'ailleurs été réalisés en septembre et octobre afin d'expérimenter la gestion d'un incident nucléaire dans le contexte sanitaire actuel.