La cour d'assises de Liège a poursuivi mardi les auditions des témoins au procès de Mokhtar Ammari, un Liégeois âgé de 57 ans accusé d'avoir commis l'assassinat de son épouse. Des secouristes ont confirmé que l'accusé avait tenté de mettre fin à ses jours en ingurgitant de l'ammoniaque. Mokhtar Ammari avait tué son épouse de 23 coups de couteau le 10 février 2019 dans un appartement de Fléron. Il avait ensuite tenté de se suicider en ingérant des produits toxiques.

Un médecin urgentiste a confirmé que l'individu avait lui-même appelé les secours après sa tentative de suicide. L'équipe du Smur est arrivée sur place vers 17h10. L'homme venait de descendre les escaliers pour se présenter directement aux secouristes. Il a avancé vers la route, semblait désorienté et présentait des difficultés à respirer.

Le médecin urgentiste a confirmé que M. Ammari avait ingurgité de l'ammoniaque et présentait des lésions au niveau de la bouche. Il parlait difficilement. Il a été intubé pour être transporté vers l'hôpital. L'accusé présentait des traces de sang sur sa chemise et ses chaussettes. "Il a précisé qu'il s'était disputé avec sa femme, qu'elle était partie et qu'il était seul à la maison", a précisé le médecin.

Un ambulancier intervenu sur la scène a confirmé qu'il s''est rendu dans l'appartement du couple lors de cette intervention. Il devait y récupérer la carte d'identité de l'accusé. Sa visite a été sommaire et ne lui a pas permis de constater la présence du cadavre de la victime.

Le même ambulancier a confirmé avoir été appelé en intervention au même endroit vers 21h40. La police était sur place et, après l'appel d'un proche de la famille, venait de découvrir le cadavre de Fatima Khayer.

L'alerte avait été donnée par un neveu de l'accusé. Le matin des faits, ce neveu avait été chargé de véhiculer les enfants de Mokhtar Ammari au retour d'un cours d'arabe. Sans nouvelles de lui durant le reste de la journée, ce neveu s'est inquiété de la situation. Il a tenté de contacter des proches de M. Ammari puis s'est rendu dans son appartement. C'est dans la cuisine que le cadavre de Fatima Khayer a été découvert.

Parmi les autres témoins entendus, le frère de l'accusé a confirmé avoir reçu ses confidences sur ses problèmes financiers et sur ses difficultés de couple. "Cela ne fonctionnait plus entre eux. Mon frère se plaignait de ne plus pouvoir m'inviter chez lui alors que sa femme invitait encore ses proches. Mokhtar disait parfois que sa femme frappait ses enfants et qu'elle les montait contre lui. Il se plaignait aussi de ne pas pouvoir prendre les décisions concernant ses enfants. Il avait l'impression de perdre sa famille", a indiqué le frère de l'accusé.

Selon sa belle-sœur, Mokhtar Ammari avait besoin de parler de ses déboires avec sa femme. "Il disait qu'il était en souffrance et qu'il était démuni. Il avait un mal-être et se sentait humilié et rabaissé", a ajouté ce témoin.