C’est une pétition qui, cette semaine, secoue le microcosme liégeois. Elle concerne la sauvegarde des jardins et pâtures situés rues Tribouillet et Charles Gothier au Thier-à-Liège.

En effet, il y a quelques jours, la Régie Foncière de la Ville de Liège, propriétaire des lieux a décidé de mettre un terme aux contrats de location des jardins, occupés et cultivés par 77 personnes du quartier. En cause : une pollution aux métaux lourds, essentiellement du plomb, qui a été détectée lors d’une analyse commanditée par la Ville.

"Ces espaces ont toujours été des lieux importants de socialisation dans le quartier, rétorquent les pétitionnaires. Ils représentent véritablement la vie champêtre de notre quartier. Tous les guides touristiques mettent en avant nos parcelles de jardin qui font véritablement partie du patrimoine historique du quartier."

Décharge

Et de s’inscrire en faux par rapport à la dangerosité de la culture sur ces parcelles. "Certains terrains sont cultivés depuis plusieurs générations, sans qu’aucune maladie n’ait été détectée dans les familles qui se nourrissent exclusivement des légumes issus de ces jardins. Nous savons que les terres sont polluées, mais des études réalisées sur les légumes ont montré que la plupart étaient sains et tout à fait aptes à la consommation."

"Nous y avons investi énormément de temps et d’argent, et vous nous demandez de détruire en trois mois le travail de plusieurs générations, nous ne pouvons l’accepter."

Même si elle comprend la complexité de la situation, la Ville de Liège n’entend pas nécessairement satisfaire la demande de ses locataires, et ce, en vertu du principe de précaution.

"Mais nous sommes prêts à dégager la Ville de Liège de toute responsabilité concernant les risques sanitaires et à nous adapter à de nouvelles réglementations qui nous permettraient de continuer à louer ces terrains", continuent les signataires. "Nous demandons donc au Collège de revoir sa position du 4 juin et de continuer à mettre ces parcelles en location."

En outre, tout le monde s’interroge sur le devenir de ces hectares qui, le cas échéant, pourraient se retrouver à l’abandon.

La ville suspend sa décision

La Ville de Liège n’est pas restée insensible à la situation.

"Dans la foulée des pollutions de terres détectées dans des parcelles à Bressoux, le collège a commandé des analyses de sols des divers lopins de terre mis à la location par la Régie foncière. L’ensemble des locataires ont alors été prévenus de la démarche, réalisée dans le souci de préserver la santé publique. Dès qu’il est informé d’une situation mettant en danger la santé des habitants, il est de la responsabilité du collège de prendre les mesures nécessaires".

"Dans une volonté d’apaisement et de dialogue avec les usagers des terres concernées, le collège suspend sa décision jusqu’à vendredi. Ce délai sera mis à profit pour prendre contact avec la Région et envisager les différentes pistes d’accompagnement qui pourront être mises en œuvre."

Le collège tient à préciser qu’il agit uniquement dans une démarche de santé publique. "Il ne faut, en effet, voir aucune ambition immobilière derrière ce dossier."