À quelques jours à peine de l’activation du Covid Safe Ticket, autre nom du pass sanitaire, la colère gronde dans les villes wallonnes. Ce samedi après-midi, après Namur, c’est en Cité ardente que le feu couvait, place Saint-Léonard et… rue de la Résistance (cela ne s’invente pas). Ici, près de 1 000  Liégeois se sont en effet donné rendez-vous sur le coup de 14 h, répondant à l’appel du collectif Même pas peur. Objectif : réclamer un “monde sans pass” et dénoncer l’outil perçu comme “un frein aux droits fondamentaux”.

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Le Covid Safe Ticket, c’est donc l’outil brandi par les Régions bruxelloise et wallonne, afin d’assurer une sécurité sanitaire dans les lieux publics mais aussi, parfois, privés. Ainsi, pour participer à un événement, une manifestation, un concert ou pour entrer dans des lieux culturels voire aller au restaurant, le pass deviendra obligatoire d’ici peu (pour une durée de trois mois annonce la ministre de la Santé wallonne Christie Morreale). Preuve d’une vaccination complète ou d’un test PCR négatif de moins de 72 heures, d’un test antigénique rapide de moins de 48 heures ou enfin, preuve que l’on a été malade du covid il y a moins de six mois, le pass est présenté comme la garantie d’une liberté retrouvée… Pour ses opposants, c’est précisément tout l’inverse. L’insurrection se fait aujourd’hui entendre…

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“La mise en place de cet outil est en fait un véritable catalyseur d’inégalités”, estime Ismaël, membre du collectif organisateur de la manifestation et qui précise qu’il est lui-même vacciné, “nous pensons en effet que cet outil crée des discriminations énormes au sein de la population tout en restreignant fortement la liberté individuelle. Cela n’est absolument pas normal. Il s’agit d’un frein au droit de se déplacer, de fréquenter certains lieux et de bénéficier de certains services”. Et l’organisateur de constater également “une réelle dérive vers une société du contrôle total et permanent”.

Perçu comme “un prétexte à la vaccination”, le Covid Safe Ticket bafouerait qui plus est “le secret médical”, insiste encore Ismaël, “secret qui est un droit fondamental. Le contrôle d’identité et le scannage de nos données médicales ou géographiques ne doivent pas non plus être banalisés. Nous devons nous battre ensemble et refuser d’être divisés, triés, sur cette base”.

Ce samedi, la foule était dense place Saint-Léonard et les discours insistaient donc sur le caractère discriminatoire de la mesure jugée plus problématique que salvatrice. “Ce pass ne va absolument pas régler le problème du virus par contre, il va créer des situations inacceptables”, estime Pierre, père de famille. “La semaine prochaine, je ne pourrai pas participer au souper dans l’école de mon fils par exemple. Comment lui expliquer, lui qui sera aussi mis de côté ?”. “Personnellement, je suis ici pour trouver un peu de force et de courage et me dire que je ne suis pas le seul à avoir cet avis”, poursuit Maxime, enseignant. “Nous ne nions pas le Covid mais instaurer le contrôle permanent n’est certainement pas la voie à suivre. Il faut réévaluer calmement le problème et trouver d’autres solutions”.

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Absence d’alternative

Dans l’argumentaire des anti-pass, on dénonçait également ce samedi l’absence de consultation citoyenne, un concept “largement oublié depuis le début de la crise”. “Une poignée de personnes décident pour tout le monde”, insiste Ismaël, “nous ne voulons pas d’un tel glissement de notre société. Ce que nous réclamons aujourd’hui, c’est un référendum sur cette mesure”. D’un seul homme, les manifestants ont pris la direction des places Saint-Lambert et Cathédrale ce samedi après-midi. Sans débordement.

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