Par mesure de sécurité, il faut rester à 150 mètres de distance. La grue fait 110 mètres tandis que la pale prend le vent quand on la monte et si le vent dépasse 36 km/h, on arrête le levage car il y a un risque", explique Christophe Heijmans, chargé de projet chez EDF Luminus, alors qu’une pale de 56 m est en cours de levage sur une éolienne haute de 94 m (depuis sa nacelle). Il s’agit de la deuxième éolienne qui est montée le long de la RN63, à hauteur d’Abée et de Ramelot, où un important chantier éolien est en cours en plein cœur de la campagne condruzienne, à Tinlot.

Mené conjointement par Engie et Luminus, les deux principaux acteurs du marché belge de l’électricité, un nouveau parc éolien y voit en effet le jour après plus de quinze ans d’étude d’incidence sur l’environnement, de recours (de la commune et des riverains), de passages par le Conseil d’État, de modifications, et demandes de permis. Le permis leur a finalement été accordé en septembre 2018 par la Région wallonne pour la construction de cinq éoliennes (deux pour Engie, trois pour Luminus), qui s’élanceront de part et d’autre de la route du Condroz.

Il s’agit d’éoliennes de modèle Vestas V-112 d’une puissance de 3,45 MW chacune, "ce qui permettra une production annuelle de 33 250 MWh, pouvant couvrir les besoins en électricité de 11 500 familles", dont 1 000 ménages tinlotois, spécifie Loïc Biot, chargé de projet chez Engie, la "Cela évitera un total 13 330 tonnes de rejet de CO2 par an", soit les émissions annuelles de 6 650 voitures personnelles diesel.

Si le chantier a démarré en avril 2020, avec le terrassement, les fondations et l’installation électrique en ce compris le raccordement au réseau, le levage des éoliennes a débuté le 28 septembre dernier. "Lever une éolienne prend généralement 3 jours selon les conditions climatiques", nous précise-t-on. La mise en service du parc est prévue pour le 16 novembre tandis que le chantier devrait prendre fin le 30 novembre.