Liège Un médecin de Tihange est inculpé pour avoir donné la mort à ses patients.

Selon nos confrères de Sudpresse, un médecin de Tihange qui exerçait jusqu’en septembre 2018 au CHR de Huy, est aujourd’hui inculpé pour quatre assassinats. Des faits qui nous ont été confirmés par la justice liégeoise ce samedi…

Ce médecin, diplômé de l’ULg en 1981, qui nie farouchement avoir donné la mort à ses patients, travaillait donc dans le service gériatrie et plus particulièrement dans l’unité des soins de fin de vie, depuis juillet 2017.

En septembre 2018, l’homme aurait outrepassé ses fonctions. C’est du moins ce qui lui est reproché. Ce dernier serait en effet sorti du cadre légal en matière d’euthanasie, raison pour laquelle la justice retient l’assassinat.

Lors de ses gardes, le gériatre aurait pris contact avec les familles des patients dont il avait la charge. Ainsi, il aurait obtenu le consentement des familles avant de procéder à des injections… Toute la question est bien sûr de savoir si le médecin est effectivement sorti de ce cadre légal de l’euthanasie. Soit en se montrant insistant pour obtenir le consentement des familles et/ou en agissant tout simplement contre la volonté des patients.

À ce stade, on évoque donc quatre assassinats mais d’autres cas sont encore examinés.

Dans un communiqué diffusé samedi après-midi, le CHR de Huy précise de son côté que le médecin concerné ne fait plus partie de l’institution "depuis plus d’un an" déjà. "Les faits évoqués datent du début de septembre 2018 et concernent quatre patients hospitalisés dans l’unité de gériatrie. La direction a été alertée par le non-respect des procédures internes de sécurité relative à la fin de vie. La direction a immédiatement diligenté une enquête interne rapide. Au vu des résultats de cette enquête interne, le conseil d’administration a mis fin immédiatement au contrat du médecin", indique l’hôpital hutois. "La gravité des faits est telle que le conseil d’administration a transmis le dossier au parquet", ajoute celui-ci.

Cette affaire a en effet été confiée au parquet général où on se refuse à tout commentaire à ce stade.

Jean-Baptiste Andries, avocat général, porte-parole du parquet, nous précise toutefois que "l’instruction va suivre son cours" et "qu’il y aura des expertises". Permettant de déterminer si les charges sont suffisantes pour qualifier ces faits d’assassinats.

Notons enfin que si les faits remontent à 1 an et que l’inculpation remonte à 6 mois, à ce stade, aucune plainte n’a été déposée. Le médecin serait d’ailleurs toujours libre de pratiquer la médecine.

"Il conteste avoir provoqué la mort de qui que ce soit"

Les deux avocats du médecin inculpé ont fait part de la version de leur client.

Ce samedi, les deux avocats du médecin inculpé pour quatre assassinats dans le cadre de décès de patients survenus en septembre 2018 au sein de l’unité de gériatrie du CHR de Huy, ont réagi, et ont donné la version des faits de leur client.

Ce dernier "conteste avoir provoqué la mort de qui que ce soit", relatent Me Maxim Töller et Me Renaud Molders-Pierre, "et, dans les cas dont il est question, il ne s’agissait d’ailleurs pas d’euthanasies mais bien de soins palliatifs classiques qui ne visaient en aucun cas à provoquer ou accélérer la mort mais bien à soulager l’agonie. Aucun des produits utilisés n’est d’ailleurs de nature à donner la mort. Dans ce qui nous a été soumis, aucun élément ne vient montrer que les personnes sont décédées d’autre chose que de leur maladie".

Selon les deux avocats, la situation actuelle est née "d’un conflit et d’une divergence de vues entre la chef de service et notre client, précisent Mes Töller et Molders-Pierre, ce dernier ayant une vision humaniste cherchant, en accord avec les familles, à limiter les souffrances des personnes en fin de vie. Notre client est un médecin sensible et humain, et plus de 30 ans de carrière, personne n’avait jamais eu rien à redire à son propos".

Les deux avocats de l’inculpé ajoutent : "Les faits remontent à septembre 2018, et l’inculpation date d’avril dernier. Depuis lors, aucune famille n’a porté plainte. Notre client n’a pas été mis sous mandat d’arrêt, et a été libéré sous conditions normales. Bien qu’il n’exerce plus pour l’instant, étant extrêmement touché par les accusations portées à son encontre, il ne lui a pas été interdit de pratiquer la médecine, seuls les soins palliatifs lui sont pour le moment proscrits".