Âgé de 64 ans et hervien d’origine, Marc Goblet est décédé ce mercredi.

Ancien secrétaire général de la FGTB et député fédéral, Marc Goblet est tombé dans la marmite syndicale dès sa plus tendre enfance. En effet, il est le fils d’un père ouvrier mineur (lequel était délégué syndical principal au charbonnage de Battice) et d’une mère qui fut elle aussi engagée syndicalement et politiquement. Selon le principal intéressé, “la maison familiale était devenue un lieu de l’action commune socialiste”.

Gamin, Marc Goblet a mené ses études, primaires et secondaires respectivement à Herve et à Verviers. Et si elles se déroulaient sans encombre, il les a interrompues, devenant apprenti en chauffage central puis chef d’entreprise dans le secteur.

Un secteur qui a été touché de plein fouet, comme d’autres, par le choc pétrolier de la fin des années 70, de quoi donc faire prendre à Marc Goblet une autre trajectoire. C’est ainsi qu’il est entré sous la présidence de son père au sein de la centrale générale de la FGTB liégeoise.

Il y a ensuite gravi les échelons jusqu’à devenir à son tour président en 2004, dix ans après le décès de son père.

Parmi ses principaux faits d’armes, il évoque le combat en vue de la sauvegarde du Val Saint-Lambert auquel il a activement participé. “Je me souviens aussi de celui relatif à la cimenterie de Haccourt ou encore, dans le secteur de la chimie, à Bfan à Renory”, nous expliquait-il, il y a quelques mois à peine.

Alors qu’il était également en charge de l’interprofessionnelle Liège-Huy-Waremme, estimant que “l’intérêt général de la FGTB a toujours primé” et évoquant des relations parfois difficiles avec les autres syndicats, il devient secrétaire général de la FGTB fédérale en 2014. Il occupera ce poste clé durant trois ans avant de connaître d’importants ennuis de santé qui l’ont écarté.

“J’ai vécu comme un véritable cataclysme le gouvernement Michel-N-VA”. Une période marquée selon lui par “un irrespect total des travailleurs” et des divergences internes au syndicat socialiste qu’il dit en outre regretter.

Cette période explique le fait que Marc Goblet se soit davantage impliqué politiquement. Lequel l’était déjà depuis 1986 au sein de l’USC de Herve, devenant conseiller communal en 1991 et Premier échevin dix ans plus tard.

Mais l’ancien président de la fédération verviétoise du PS qu’il était aussi l’affirme : “Mon engagement syndical prime sur le politique.”

Se disant “adepte de la concertation et pas gréviculteur” ainsi que “syndicaliste avant tout”, il a accepté de figurer sur la liste fédérale emmenée par Frédéric Daerden. “J’avais entière confiance en lui et je ne concevais pas qu’il ne soit pas ministre.”

Reste que malgré une élection plutôt réussie pour les socialistes, le contexte politique est pour le moins délicat. S’il intégrera la commission des Affaires sociales, celui qui entend être autre chose qu’un “député presse-bouton” et qui incarnait l’aile gauche du PS planche déjà sur des propositions de lois. En mars de cette année, avec Raoul Hedebouw (PTB), il a d’ailleurs déposé une proposition de loi pour rendre le respect de la norme salariale fixée dans le cadre de l’Accord interprofessionnel (AIP) facultatif, en supprimant les sanctions assorties à son éventuel dépassement.