Il y a quelques jours, le géant néerlandais de la construction Royal BAM a fait part de son intention de se défaire de ses activités en Belgique. Le groupe y est actionnaire de quatre entreprises : trois en Flandre et une en Wallonie, la société Galère de Chaudfontaine. Loin des yeux, loin du cœur… et du portefeuille, est-on tenté d’écrire. Un nouveau coup dur donc pour les 530 travailleurs de l’entreprise calidifontaine, qui ouvre la porte à de nombreux questionnements, moins de 5 ans après une lourde restructuration. On se souvient en effet qu’en 2016, le groupe avait annoncé son intention de se séparer de plus d’une centaine d’emplois sur les 720 que comptait l’entreprise liégeoise. Décision qui intervenait notamment après que le Gouvernement wallon et la SRWT aient annoncé renoncer à la procédure d’attribution du marché du tram de Liège.

Aujourd’hui, ce sont donc des travailleurs inquiets qui s’interrogent sur leur avenir. Et déjà, les syndicats ont, en front commun, lancé un appel, pour un actionnariat plus local. "Galère, active à la fois dans le génie civil et la construction, est une entreprise saine. Elle dispose d’une main-d’œuvre de qualité et son carnet de commandes est rempli jusqu’à la fin 2021 au moins", expliquent dans un communiqué commun, CSC et FGTB.

La direction rassure…

Déjà, la direction a informé que les activités de Galère se poursuivaient comme prévu et que l’emploi était, à ce stade, entièrement garanti.

"Toutefois, les questions sont nombreuses. Va-t-on démanteler le groupe ? Y aura-t-il un repreneur ? Quelle sera l’identité de ce repreneur ? Pour l’heure, la tête néerlandaise du groupe se tait dans toutes les langues, ce que nous regrettons", insistent encore les syndicats. "Pour la FGTB et la CSC, tout doit être mis en œuvre pour que l’emploi soit préservé, l’activité maintenue et développée. Voilà pourquoi, elles plaident pour un actionnariat le plus local possible, un centre de décisions proche des travailleurs et soucieux de participer au développement économique de la région. Il est aussi important que celui qui s’investira ait un plan industriel fort, une vision d’avenir qui consolide l’emploi et développe l’activité. Outre un nouveau repreneur, toutes les pistes sont aujourd’hui analysées dont l’ouverture du capital aux travailleurs et l’appel aux sociétés d’Invests publics. Les représentants des travailleurs souhaitent rencontrer au plus vite la direction de Royal Bam afin de lui communiquer leurs priorités quant aux repreneurs. Nous ne voulons pas d’un actionnaire avec des intentions de prédation ou de spéculation".