Les avocats de Giuseppe Ficarrotta (58 ans) ont plaidé, jeudi après-midi, devant la cour d'assises de Liège, l'acquittement de leur client, accusé d'avoir commis l'assassinat de Salvatore Catalano. Subsidiairement, ils ont sollicité son internement.

Les faits reprochés à l'accusé s'étaient déroulés le dimanche 22 octobre 2017 vers 08h45 au café "Le Huit", situé place du Marché à Liège. Un homme cagoulé et ganté, ne se souciant pas de la présence d'autres clients, s'était dirigé vers Salvatore Catalano (65 ans) et l'avait abattu de quatre tirs par arme à feu de calibre 9mm.

Me Christophe van der Beesen a soutenu lors de sa plaidoirie qu'un certain nombre de questions sont restées sans réponse et que des pistes n'ont pas été refermées lors de l'enquête. L'accusation repose sur deux principaux éléments: l'arme utilisée lors des faits, retrouvée chez Giuseppe Ficarrotta, et sa voiture qui a été utilisée aussi pour commettre les faits. Selon l'avocat, de nombreux éléments n'ont pas été analysés en profondeur, comme la trace d'un troisième ADN présent sur la glissière de l'arme, les traces de poudre sur les mains de l'auteur et les traces de ces mêmes résidus de tirs sur ses vêtements.

L'avocat a évoqué les doutes qui subsistent dans le dossier et a sollicité l'acquittement. "Il n'existait absolument aucun lien entre l'accusé et la victime, si ce n'est qu'ils étaient voisins entre 1965 et 1979", a précisé Me van der Beesen.

"Se contenter de dire que c'est l'arme, c'est la voiture, c'est l'ADN est évidemment beaucoup trop court. Il faut savoir si la preuve qu'il est l'auteur des coups de feu est rapportée. Dans l'hypothèse, il faut aussi savoir dans quel état d'esprit il aurait commis ces faits et s'il avait son libre arbitre. Ici, l'accusation vous demande de croire que Giuseppe Ficarrotta va très bien", a enchaîné Me Séverine Solfrini.

L'avocate a souligné que, dès sa première audition, Giuseppe Ficarrotta a fait des déclarations dépourvues de cohérence. Il n'a pas nié les faits de manière intelligente. Pendant les mois qui ont précédé les faits, il a consulté des médecins à des dizaines de reprises pour des problèmes de burnout, de dépression et d'insomnie. "Il n'allait pas très bien à la fin de l'été 2017. Il souffrait de problème de dépression depuis plusieurs mois. Il souffrait de troubles paranoïaques. Mais les experts ont considéré que tout allait bien!", a relevé Me Solfrini.

Les avocats de Giuseppe Ficarrotta s'interrogent sur l'état mental de l'accusé au moment des faits. Ils estiment qu'il était affecté d'un trouble qui a aboli ses capacités de réflexion. "Nous vous demandons de vous déporter des rapports psychologiques et de considérer qu'il n'est pas responsable de l'infraction", a plaidé l'avocate.

La défense a aussi évoqué l'option de l'internement dans le cas où le jury considèrerait que l'accusé est toujours actuellement atteint d'un trouble mental grave.

La délibération sur la culpabilité débutera après les répliques.