Originaire de la Basse-Meuse, il a grandi avec des parents enseignants. "Ils étaient concentrés sur l’importance de travailler avec les facteurs d’émancipation et d’intégration", se souvient Jean-François Ramquet, entre deux réunions Zoom pour préparer le week-end le plus chargé de l’année (1er mai). "À l’école, j’ai toujours été délégué de classe. Même à l’Université, j’étais représentant au conseil de faculté."

Licencié en sciences économiques à l’Université de Liège, "ce n’était pas le côté des banques, assureurs et l’angle du profit qui m’intéressaient mais l’économie pour servir l’intérêt général et augmenter les conditions de vie". Il sera ensuite assistant du professeur Bernard Thiry. "Je suis très vite entré dans le syndicat pour travailler pour le service d’études." Il est ensuite promu, en 2003, secrétaire régional FGTB Verviers puis, en 2008, secrétaire régional pour Liège-Huy-Waremme.

"C’est un job qui est très complet et très concret. Comme secrétaire régional, j’ai trois missions principales : être le responsable organisationnel des services interprofessionnels proposés aux affiliés (formations, chômage…), le porte-parole dans les instances internes de nos organisations syndicales. Je fais remonter les préoccupations des affiliés et la réalité du terrain vers les politiques et redescendre les propositions de ceux-ci vers les travailleurs", détaille celui qui négocie en ce moment l’accord interprofessionnel (AIP). "Enfin, je suis porte-parole dans les organes et instances extérieures (Aviq…)".

"C’est un rôle extrêmement concret, proche de la réalité des gens et aussi complet car cela brasse un grand nombre de matières." Un travail conséquent qui s’est amplifié avec la crise sanitaire. Peu importe la charge de travail, il ne perd pas sa motivation.

Combat plus ardu

"En sortant des études, j’aurais pu travailler comme d’autres pour une banque mais j’ai toujours voulu défendre les acquis sociaux et les faire progresser au profit de la collectivité." La fibre syndicale ? "C’est ancré dans mon ADN", confie celui qui n’a jamais eu peur de défier l’autorité pour défendre les injustices de rang, race, genre, classe… "Déjà en 1993, lors de mon service militaire, j’avais voulu défendre un homme en situation de faiblesse face à l’autorité. Je me souviens aussi du combat contre le plan global [de Dehaene]."

Marié et père d’un enfant, le Liégeois de 51 ans, domicilié en Cité ardente, s’est aussi toujours investi dans l’associatif, notamment comme coopérateur de la coopérative Les Tournières avec, en outre, une sensibilité pour les questions internationales, notamment les disparités Nord-Sud, comme ancien président du CNCD-11.11.11.

"La pandémie a incontestablement eu un impact sur les travailleurs et les travailleuses : stress, isolement, chômage… Les femmes sont les plus touchées. Elle a aussi révélé une série de métiers essentiels et le rôle de la sécurité publique. Les effets sont dramatiques, avec des faillites qui vont se multiplier" , constate celui qui sait que le combat s’annonce encore plus ardu les prochains mois…

Jean-François Ramquet, parrlez-nous de…

Votre première cuite ?

Quand j’étais jeune, dans le Carré.

Premier bulletin ?

Bon, car j’étais bon élève mais dissipé.

Dernière folie ?

Souvent pour du vin de France ou d’Italie.

Dernier coup de sang ?

En constatant la vision élitiste des décideurs politiques dans cette crise sanitaire. Tout le monde n’a pas une maison quatre façades !

Dernier achat compulsif ?

Des livres au village du livre de la Fête de l’humanité. J’y entre pour regarder et je ressors les bras chargés…

Pire cauchemar ?

Que les élections de 2024 soient annulées au profit d’un collège d’épidémiologistes !

L’objet dont vous ne vous séparez jamais ?

Mes clés, car j’ai un porte-clés ouvre-bouteille.

Ce qu’on retrouve toujours dans votre frigo ?

Des produits locaux, en circuit court le plus possible.

Qui pourrait vous faire craquer ?

Ou quoi… Une bouteille du domaine de la Romanée-Conti.

Votre passe-temps favori ?

La cuisine, ça me détend.

Le juron que vous détestez ?

Les insultes misogynes.

La chose la plus folle que vous ayez faite ?

La liste est longue et elle ne cesse de s’allonger…

Votre prochain tête-à-tête ?

Ce serait plutôt une grande tablée le plus tôt possible.

Votre rêve le plus fou ?

Un mandat qui abolirait les minorités de classe.

Votre film culte ?

"Le bonheur est dans le pré", même si tout le monde sait que je suis un fan de Star Wars.