Le 23 novembre dernier, la manufacture d’orgues Thomas, établie dans les anciens bâtiments de l’imprimerie Chauveheid à Stavelot, faisait aveu de faillite. Ce fleuron du savoir-faire régional était entré dans une époque de turbulences après le chantier des grandes orgues de la cathédrale de Monaco. Le curateur Me Luc Defraiteur tentait jusqu’ici de trouver une solution.

Une bonne nouvelle est tombée en ce début d’année : le fonds de commerce de la manufacture a trouvé un repreneur pour sa relance auprès de la famille Stoffels. Une famille qui n’est pas une inconnue pour l’entreprise puisque le baron Paul Stoffels était déjà présent dans l’actionnariat de la manufacture.

La structure qui redémarre emploiera cinq travailleurs sur les seize salariés que comptait l’entreprise avec un ancien carnet de commandes bien fourni. S’y ajoutera Jean-Sébastien Thomas, membre de la famille fondatrice.

Une histoire familiale

C’est en février 1965 qu’André Thomas, formé en ébénisterie et facture d’orgues, crée ses propres ateliers dans son village natal, tout en poursuivant sa formation à l’étranger. En 1982, l’entreprise est constituée en SPRL, et dès le 1er avril 2000, Dominique Thomas reprend la direction de l’entreprise.

La manufacture réalise tous les stades de la construction ou de la restauration d’un orgue : claviers, buffets, sculptures, sommiers, soufflets, mécaniques, tuyaux en bois et en étain, harmonisation…

En 52 ans, plus de 140 instruments neufs, pour la plupart inspirés d’instruments anciens, sont sortis des ateliers. L’entreprise a aussi effectué à peu près 125 restaurations d’orgues des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles, et ce tant en Belgique qu’à l’étranger (France, Allemagne…).

Depuis janvier 2016, Jean-Sébastien Thomas dirigeait la manufacture aux côtés de son père, Dominique Thomas, avant de déclarer faillite.