La ministre Ludivine Dedonder s'est rendue lundi après-midi dans les locaux de Safran Aero Boosters situés dans le parc industriel des Hauts-Sarts à Herstal, dans le cadre des visites qu'elle rend aux entreprises belges qui ont un partenariat avec la Défense. Elle a ainsi pu découvrir cette société de renommée internationale qui développe et conçoit des équipements pour le secteur de l'aérospatial, ses installations ainsi que ses nombreux projets technologiques, dont certains demeurent secrets. Safran Aero Boosters maîtrise ainsi la soudure par friction inertielle, une technique qui permet de "souder" deux pièces ensemble grâce à un dégagement de chaleur induit par un frottement conjugué à une forte pression. Ce processus garantit l'homogénéité des propriétés mécaniques de la matière entre les parties soudées. La société a notamment investi 10 millions d'euros dans une machine, dont il n'existe que quelques exemplaires au monde, afin de réaliser sur son site de Milmort la soudure des disques de soufflante du moteur GEnx (Boeing 747 et 787) et ensuite du GE9X, destiné à équiper le gros porteur Boeing 777.

La société a également élaboré des processus d'assemblage qui lui permettent de créer des pièces plus légères de manière à réduire la consommation des appareils en vol.

Au terme de sa visite de terrain, la ministre de la Défense s'est montrée impressionnée par tout le savoir-faire sur place: "C'est une entreprise très intéressante, on y retrouve des pièces uniques en Belgique", a-t-elle commenté. "C'est important de valoriser notre savoir-faire. Nous renforçons notre budget en recherche et développement. Nous voulons asseoir notre position à l'international. Notre objectif est que nos entreprises puissent bénéficier du contrat d'achat des F35", a-t-elle ajouté.

François Lepot, CEO de la société herstalienne, entrevoit la possibilité de retombées économiques intéressantes via la signature de contrats de coopération industrielle pour ce nouvel avion de chasse: "On a développé des avantages techniques qui nous permettent d'avoir une position enviable sur le marché", estime-t-il. "Mais on ne va pas tout seul dans un programme militaire sans appui politique".

Près de 1.500 personnes travaillent sur le site de Safran en région liégeoise. La société compte également deux filiales aux Etats-Unis.