Mercredi matin, 36 délégués syndicaux, membres du SNPS, le syndicat National du personnel de Police et de Sécurité ont "défilé" dans les rues de Liège. Fleurs à la main, ils ont quitté la place Saint-Léonard vers 9 h 30, pour se rendre ensuite sur la place Saint-Lambert, lieu des émeutes liégeoises de samedi.

Une fois sur place, ils ont fleuri les commerçants sinistrés, puis se sont rendus au commissariat de police de la rue de la Régence, victime lui aussi d’attaques.

Si l’ambiance était finalement bon enfant, le ton des "manifestants" était par contre très grave. "Je n’ai jamais vu ça depuis que j’ai commencé ma carrière", s’est offusqué, Thierry Belin, le secrétaire national du SNPS. "La police a reculé devant les voyous, c’est incroyable. Les policiers en place n’en revenaient pas d’avoir reçu un ordre pareil. ILs s’attendaient à recevoir l’ordre de disperser et d’interpeller les vandales. Les commerçants ont eu le sentiment qu’on les abandonnait. Comme les policiers, ils sont moralement touchés par ce qui s’est produit."

Policier liégeois en son temps, Thierry Belin s’est dit triste pour la Cité ardente. "Liège ce n’est pas cela ! Liège c’est la fête, l’accueil, la convivialité ! Mais il faut réinstaurer le respect. La jeunesse est touchée par la crise, je l’admets. Mais tout le monde est touché par la crise ! Ce n’est pas une excuse pour agir comme cela."

Responsabilités

Le représentant syndical se dit également mécontent de la décision du bourgmestre Willy Demeyer, responsable du service d’ordre de la Ville, d’avoir toléré la manifestation. "Les mandataires politiques doivent prendre leurs responsabilités, une manifestation est interdite ou autorisée, pas entre les deux, si on interdit alors les gens qui viennent sont arrêtés."

Le ton était le même chez Fabrice Discry, délégué syndical SNPS. "Maintenant, nous avons peur d’intervenir. Ce sont les casseurs qui font la loi. C’est inadmissible."