Le tribunal correctionnel de Liège a acquitté un collectionneur allemand arrêté lorsqu’il est venu déposer ses armes au banc d’épreuves de Liège. En 2016, un collectionneur d’armes allemand souhaitait faire neutraliser des armes selon les normes prévues par la nouvelle réglementation européenne. Il a donc pris contact avec le banc d’épreuves de Liège qui l’a informé la procédure à suivre. Il devait prendre rendez-vous par téléphone avec l’atelier, avant de venir déposer les armes. Le collectionneur a proposé au banc d’épreuves de se présenter à son domicile en prendre possession, mais le banc d’épreuves a répondu qu’il ne se déplaçait pas. Il lui a été répondu "vous vous devez venir déposer les armes de chez nous". Il avait une centaine d’armes à neutraliser. Mais alors qu’il était déjà venu déposer un bazooka, des mortiers et de nombreuses armes de guerre, il a été dénoncé au parquet par le responsable du banc d’épreuves !

Le tribunal a souligné que pour le banc d’épreuves de Liège "est malvenu de lui reprocher la commission d’infractions alors que, si des infractions ont été commises, ce qui est encore à démontrer, elles n’ont pu l’être que sur la foi accordée aux renseignements émanant des pouvoirs publics. Au contraire, il a induit le prévenu en erreur sur ce qu’il pouvait, ou non faire. Il l’a amené à y déposer ces armes pour, ensuite, en cours de procédure de neutralisation, dresser procès-verbal d’infractions dont il est lui-même à l’origine de la commission".

En effet, le juge a estimé que le collectionneur ne pouvait "être tenu pour pénalement responsable alors que les personnes investies par l’État de la compétence exclusive de traiter de la neutralisation des armes sur le territoire belge l’ont induit en erreur".