Le sexagénaire, pour lequel un appel à témoins avait été lancé après la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux s'est expliqué mercredi. "Lorsque je suis arrivé sur une portion fort fréquentée par les piétons, j'ai freiné, j'ai adapté ma vitesse et j'ai actionné mon klaxon de 120 décibels", a détaillé le prévenu qui assure que sans une glissade sur l'extrémité du chemin enneigé, il avait assez de place pour passer sur la droite.

"A hauteur de la petite fille, j'ai senti que ma roue arrière glissait. Pour éviter la chute je me suis rééquilibré en faisant un mouvement du genou. J'ai senti que j'avais effleuré la petite fille mais je ne me suis pas rendu compte immédiatement qu'elle était tombée", a poursuivi le sexagénaire.

Une version des faits que ne partage pas le parquet qui estime que le cycliste a volontairement porté un coup de genoux à l'enfant. "Le 25 décembre, vu la météo et le confinement, les Fagnes étaient le pays de la nonchalance. De nombreuses familles étaient présentes là-bas pour se détendre et profiter des quelques distractions autorisées", a indiqué, dans son réquisitoire, la substitut du procureur du Roi qui est persuadée "qu'agacé par le fait d'avoir dû éviter plusieurs obstacles tout au long de son parcours le cycliste, excédé, a décidé de porter un coup de genoux à l'enfant pour dégager le énième obstacle qui se trouvait sur son passage."

Le ministère public est aussi revenu sur la publication des images sur les réseaux sociaux et la médiatisation du dossier qui ont poussé le parquet à réagir dans l'urgence. "La médiatisation a eu un impact sur la vitesse de traitement de l'affaire, mais elle n'en a pas eu quant à l'orientation du dossier. Si monsieur est cité aujourd'hui, c'est pour des coups et blessures volontaire sur mineur et pour son attitude. S'il avait reconnu les faits, des mesures alternatives auraient pu être envisagées", a souligné le ministère public qui ne s'opposera pas aux mesures de faveurs qui pourraient être accordées au prévenu.

Les parents de la fillette, qui ne présente aucune séquelle, se sont constitué partie-civile et réclament un euro à titre symbolique.

Du côté de la défense, on conteste l'intention volontaire des faits et on réclame l'acquittement du sexagénaire. L'avocat du prévenu a aussi souligné "la manière disproportionnée et surprenante avec laquelle le parquet a traité cette affaire."

Jugement le 3 mars.