En quelques semaines, cet appel à l’aide de deux parents d’adolescents, Philippe de Menten et Virginie Van Lierde, a reçu l’adhésion de plus de 10 000 personnes. Et leur action “Trace ton cercle”, lancée pour “sauver une jeunesse en péril” dans cette crise, a rassemblé plus de 4 000 personnes dans plus de 300 lieux partout en Belgique… Un appel entendu par les autorités du pays.

Ce 4 mars en effet, à la demande de l’action, les ministres Pierre-Yves Jeholet et Valérie Glatigny, respectivement ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et en charge de l’Enseignement supérieur, ont organisé une réunion regroupant différents représentants de la jeunesse, des experts en santé publique et santé mentale. “Le déconfinement de la jeunesse faisait l’unanimité”, se réjouissent les représentants de Trace ton cercle. “La jeunesse s’est sentie écoutée et attend à présent des actions concrètes lors du comité de concertation du vendredi 5 mars”.

Pour rappel, l’action en question en appelle à une écoute urgente des jeunes adultes de demain… Chaque dimanche depuis la mi-février, ils sont en effet des milliers à se rassembler sur la place la plus proche, dans le respect des mesures sanitaires, s’installant chacun au sein d’un cercle d’un mètre cinquante de diamètre… objectif : “franchir la ligne rouge de la peur” mais aussi recréer du lien, une nécessité pour la jeunesse en proie à une profonde détresse. “Des spécialistes tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme sur la santé mentale des jeunes qui est mise en péril. Ce que nous voulons, c’est ne plus communiquer sur la peur, réorienter le curseur sur les 3 millions de jeunes qui vivent en Belgique et insister aussi sur ces besoins vitaux que sont le sport, l’école, les contacts que cela génère”, nous confiait Virginie Van Lierde.

Reprise des activités en extérieur

Un appel entendu ? Suite à cette rencontre, l’espoir est en tout cas grand, les organisateurs de l’action évoquant des avancées comme le fait que “la jeunesse devienne la priorité des politiques”, “l’urgence de considérer la santé mentale comme un élément incontournable dans les prises de décision relatives à la jeunesse”, “l’urgence de lutter contre le décrochage scolaire” ou encore “l’importance d’autoriser la reprise des activités en extérieur dans le respect des normes sanitaires”.

Et de se réjouir également du fait que “les experts en santé mentale insistent sur le déploiement de moyens financiers et humains pour la jeunesse à long terme”. Notamment car les professionnels de la santé mentale font aujourd’hui face à une déferlante de demandes.

Pour rappel, Trace ton Cercle et plus de 450 professionnels de la santé mentale ont uni leurs forces en lançant une pétition fin février, afin que le sujet de la jeunesse en souffrance soit débattu à la Chambre. En quelques jours, celle-ci a déjà récolté plus de 4 000 signatures.