Liège Ouverture annoncée le 19 mars prochain… avec une nouvelle politique muséale.

Aujourd’hui, je suis content. Car dans les années 90, nous avons failli vendre ce bâtiment pour n’en faire qu’une brasserie. Cela aurait fonctionné vu la situation et c’était logique à l’époque, nous étions au plus bas. Mais désormais, nous avons un outil qui complète parfaitement notre politique culturelle, qui est à la fois attentive au local et à l’international".

Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, avait donc le sourire en visitant ce mardi matin le nouveau bâtiment du Madmusée… qui change donc officiellement de dénomination en devenant Trinkhall Museum. Derrière ce "nom", c’est une nouvelle politique muséale qui se dévoile.

Il faut dire que de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’attribution du projet aux architectes liégeois Aloys Beguin et Brigitte Massart. Et que le bâtiment a effectivement passé une étape majeure de sa mue. Il déploie désormais ses ailes et s’apprête à ouvrir le 19 mars prochain.

Si le café campera toujours au rez-de-chaussée du bâtiment, la surface muséale aura presque quintuplé, passant de 100 à près de 500 m². Le Trinkhall s’étend sur 1 300 m².

Parmi ses atouts, il y a cette captation naturelle de la lumière extérieure, obtenue grâce à sa peau opaline et isolante. Le plateau, à l’étage, est vaste de 300 m² et se situe sur l’ancienne toiture-terrasse. En outre, l’espace est ouvert sur le grand hall d’accès et l’espace d’expositions temporaires. En observant le bâtiment, on retiendra aussi que ce nouvel espace porté par une unique colonne, créant un vaste porche et une zone d’exposition supplémentaire (100 m²).

À l’étage toujours, on retrouvera cette black box, soit un lieu répondant aux conditions de conservation optimale des œuvres…

3 000 œuvres… et une expérience

Car des œuvres, il en sera question ici. L’objectif du Creahm, à la manœuvre, est toujours de déployer des formes d’arts produites par des personnes handicapées. Mais désormais, à côté de la mise en valeur de sa riche collection, de quelque 3 000 œuvres, il s’agira aussi de développer ce projet renouvelé, au travers de la notion "d’arts situés", qui "prend en compte l’œuvre d’art dans la globalité de son existence processuelle", précise-t-on au sein du Creahm. Comprenons l’ensemble des relations que l’œuvre entretient avec son environnement, tant d’un point de vue de sa réalisation que des conditions sociales, esthétiques et culturelles de sa réception…

Plus qu’un ensemble d’œuvres dès lors, le Trinkhall museum développe par la nature de son travail, une expérience artistique aussi insolite que pertinente.