Le 25 mars dernier, une nouvelle majorité communale a été installée à Grâce-Hollogne. Ceci fait suite à l'accord intervenu entre la tendance PS du bourgmestre Maurice Mottard, qui s'est depuis lors retirée du parti, et les groupes Ecolo, MR et RCGH. Un accord qui a eu pour effet d'envoyer dans l'opposition les huit élus socialistes de la tendance de Manuel Dony.

Ce soir-là, lors du conseil communal, un avenant au pacte de majorité a été soumis au vote. Cet avenant prévoyait de combler le poste d'échevin laissé vacant, suite à la démission de Manuel Dony, par Geoffrey Cimino, qui assurait jusque-là la présidence du conseil communal. Une majorité des élus ayant voté en faveur de cet avenant (hormis les huit élus de la tendance Dony), Geoffrey Cimino a été installé comme échevin.

Ensuite, deux motions de méfiance individuelles ont été présentées à l'encontre de Lucien Farinella et Jean-Marie Herbillon, deux élus de la tendance Dony qui siégeaient au collège communal en tant qu'échevins. Motif? Perte de confiance, comme l'a précisé Maurice Mottard. Une fois ces deux motions votées, à nouveau par une majorité du conseil communal, les deux élus désignés pour remplacer les intéressés ont été installés comme échevins. Soit Daniel Gielen (PS) en remplacement de Lucien Farinella et Sandra Belhocine (MR) pour remplacer Jean-Marie Herbillion. Le MR faisait ainsi son entrée au sein du collège communal. Ce qui semble poser problème au ministre wallon des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon...

En effet, dans un courrier adressé au collège communal de Grâce-Hollogne en date du 29 avril 2021, le ministre indique que "l'ajout d'un groupe politique aux parties constituant le pacte de majorité (le MR, en l'espèce) ne peut s'opérer via l'adoption de motions de méfiance individuelles".

Sans pour autant écrire que l'installation de l'échevine MR ne répond pas aux prescrits du code de la démocratie locale et de la décentralisation (législation relative aux pouvoirs locaux), le ministre Collignon ajoute que "seule l'adoption d'une motion de méfiance collective, comportant la présentation d'un successeur au collège (nouveau pacte de majorité), pourrait permettre au MR de se joindre à la majorité".

Le ministre conclut son courrier en précisant que ses services restent à disposition pour tout renseignement complémentaire, sans inviter le collège communal à remédier à la situation... Est-ce vraiment illégal, dès lors, comme on l'affirme du côté de la tendance Dony? Ce n'est en tout cas pas l'interprétation qu'en fait Maurice Mottard sur base du courrier émanant du ministre des Pouvoirs locaux...

"Le 16 mars, la commune a formulé une demande d'avis concernant ces motions de méfiance individuelles, comme cela a été fait pour l'avenant au pacte de majorité. Cet avis, nous l'avons reçu 1 mois et demi plus tard, soit le 29 avril... Dans l'intervalle, le conseil communal s'est réuni le 25 mars et a voté les motions de méfiance. Les délibérations et annexes s'y rapportant ont ensuite été envoyées à la tutelle en date du 9 avril et il y a eu un accusé de réception à cet envoi", précise Maurice Mottard, qui estime que la tutelle disposait ainsi de toutes les données pour réagir si elle avait relevé une quelconque illégalité...

"Désormais, le délai de 30 jours dont disposait la tutelle pour réagir est dépassé", insiste le bourgmestre de Grâce-Hollogne.

Le collège communal de Grâce-Hollogne a adressé ce jeudi un courrier au ministre Collignon en lui demandant de clarifier sa position sachant qu'il n'a pas cassé les décisions en question...