Les autorités auront investis 100 millions pour requalifier Droixhe... la réhabilitation s’achève.

Inspiré de l’architecte Le Corbusier, le quartier de Droixhe, inauguré en 1958… innovait ! "Et jusqu’à la fin des années 70", indiquait il y a peu le bourgmestre de Liège Willy Demeyer, "le quartier connut un âge d’or". Mais l’évolution des critères d’habitation et d’autres paramètres y rendirent difficile le maintien de la mixité sociale. Et Droixhe de devenir le quartier que tout le monde connaît, cité-dortoir où la sécurité est encore régulièrement mise à mal.

Depuis le milieu des années 90 pourtant, la requalification du quartier est dans tous les esprits à Liège. Et depuis 10 ans déjà, cette requalification est en marche avec, à la manœuvre, Maggy Yerna, échevine du Développement territorial.

Aujourd’hui, enfin, cette dernière peut entrevoir l’aboutissement d’une vaste entreprise. Aussi vaste que complexe puisqu’il aura fallu séduire le secteur privé, ce qui ne fut pas toujours tâche aisée. "Mais oui en effet, on entrevoit la fin des travaux", nous confiait l’échevine il y a peu. En marge du tram, de son dépôt et des nouvelles Halles des foires, la requalification de l’habitat aura coûté au secteur public… 100 millions d’euros.

Assurer la mixité sociale

Outre la requalification de la tour Lille 4, sur les rails (lire ci-contre), les dossiers s’enchaînent en effet à Droixhe avec ce fil rouge : assurer la mixité sociale. Depuis la démolition des tours de l’avenue de la Croix Rouge, cette artère a déjà vu la construction d’une vaste maison de repos, qui compte aujourd’hui 108 lits plus l’accueil de jour. Avenue de la Croix Rouge toujours, un projet de logements (165 au total), est également en cours. La première tranche de ce chantier vient d’ailleurs d’être terminée avec la réception des premiers bâtiments comptant 108 logements publics. "Et l’ouverture de l’offre pour les 57 logements restants doit être réalisé dès mars", nous a confié l’échevine.

Mais ce n’est pas tout donc puisque, c’était promis, un autre chantier est en cours, celui de l’école Léona Platel, à l’arrière de la maison de repos (côté Rassenfosse), et du centre de rééducation associé.

Avenue de la Croix Rouge toujours, dans le prolongement de la maison de repos, une quarantaine de logements dont de l’habitat groupé, verront aussi le jour prochainement.

"Et il ne restera dès lors plus que deux terrains à valoriser", poursuit l’échevine… le Square Micha et la pointe de l’îlot formé par l’avenue de la Croix Rouge et la rue Rassenfosse. Sur le Square Micha, quelque 250 logements sont prévus (appartements rez + 5 et rez + 7), "l’appel à intérêt pour un promoteur privé sera lui aussi rapidement lancé". À l’angle des deux rues précitées, un immeuble à appartements est enfin envisagé.

Compromis de vente signé pour la tour Lille 4

L'immeuble comprend 75 logements vides

Avec la (plus) grande tour “Match” située à ses côtés, l’immeuble surnommé Lille 4, est l’un des derniers emblèmes de cette cité de Droixhe… que Liège a souhaité réaménager, requalifier en profondeur.

Aujourd’hui, l’échevine Maggy Yerna nous confirme que le compromis de vente est bel et bien signé pour ce bâtiment. On nous confirme par ailleurs au cabinet de l’échevine que les actes devraient être signés d’ici peu.

Contrairement à ces tours détruites avenue de la Croix Rouge, il n’était pas question de démolir Lille 4. Mais une rénovation en profondeur – bien nécessaire puisque comme les autres, elle date de la fin des années 50 -, n’était toutefois pas envisageable au niveau de la Ville de Liège, le coût étant trop élevé. La vente fut l’option choisie.

“Il y a déjà un certain temps que nous avons trouvé un acquéreur”, confirme Maggy Yerna, “il s’agit d’un consortium de plusieurs sociétés de la région d’Anvers. Ce consortium a pour objectif de rénover le bâtiment en profondeur pour en faire du logement”.

Pour l’instant, le bâtiment, vidé depuis plusieurs années, comprend 75 logements. Cette configuration devrait être maintenue, du moins au niveau du nombre de logements.

In fine, la rénovation de la tour Lille 4 participera donc à la volonté de Liège de créer à Droixhe une nouvelle mixité sociale dans le quartier. Ici en effet, c’est bien le secteur privé qui aura la main, il n’est donc pas question de logements sociaux.

Les différents appartements créés ici seraient loués dans un premier temps – on parle d’une période d’une dizaine voire d’une douzaine d’années – avant d’être vendus.