Il y a quelques jours, la ministre wallonne du Patrimoine Valérie De Bue a inscrit sur la liste de sauvegarde l’immeuble dit "Le Phare" sis rue Rempart des Arbalétriers n°4 à Visé. Un moyen qui permet de protéger le bâtiment temporairement durant une période de douze mois, avec pour obligation du propriétaire de le maintenir en état. Ce laps de temps permettra à l’Agence wallonne du patrimoine (Awap) de mener une étude en vue d’un éventuel classement.

Car un permis d’urbanisme est en cours d’instruction pour la démolition partielle de l’entrepôt en vue d’y construire des appartements. "D’après les plans, les éléments de la façade (les ferronneries sur les portes et fenêtres, les briques émaillées…) ne seraient pas préservés", justifie le cabinet ministériel.

Construit en 1922, le Phare était autrefois un entrepôt abritant une société de distribution de bière. "Son intérêt patrimonial est avéré et s’exprime notamment dans l’expression architecturale de la façade de l’entrepôt, avec ses belles ferronneries, ainsi que dans l’organisation intérieure." Le bien est à ce jour repris à l’inventaire régional (actualisé en 2007), sans pastille.

"Il s’agit d’un exemple de patrimoine industriel du XXe siècle. C’est aussi un rare exemple de l’architecture de la sécession viennoise. Une analyse approfondie du dossier est nécessaire avant toute décision de changement" précise la ministre.

Visite programmée

De son côté, le propriétaire et administrateur délégué du groupe Henry Immobilier Philippe Henry dit ne pas comprendre ce "revirement" alors qu’il a reçu le 15 décembre dernier un avis favorable de la Commission royale des monuments, sites et fouilles (CRMSF) et "qu’on préserve la façade". "Cela fait quinze ans que j’essaie de réhabiliter le site. Mes parents l’ont acheté à l’époque. Aujourd’hui, il ne reste plus rien, c’est un chancre", explique celui qui prévoit d’y construire sept appartements au lieu de quatorze initialement.

Une visite de l’Awap est d’ores et déjà programmée sur le terrain. "J’espère que l’on parviendra à trouver une solution, et que l’on rendra la lumière au phare", tempère le sexagénaire.