Le tribunal correctionnel de Liège a poursuivi le dossier à charge d’Alan D, 43 ans, un ancien enquêteur à la police judiciaire spécialisé dans les faits de moeurs devenu expert psychologue auprès des tribunaux qui est soupçonné d'avoir commis plus d’une vingtaine de viols commis sur des femmes qui pensent avoir été droguées lors des faits. L’homme aurait fait des victimes dans la région de Liège, de Bruxelles, de Wanze, mais aussi d’Andrimont. Il compilait des dizaines de supports enregistrés classés par les prénoms des jeunes filles avec des sous-titres comme “drug” ou encore “fuck”. Certaines ne savaient pas qu’elles avaient été filmées pendant les ébats et disent qu’elles ne se souvenaient pas d’avoir eu des rapports sexuels. Il est apparu que le suspect détenait également des images pédo-pornographiques. 

L’homme travaillait dans un cabinet d’expertise bien connu de la région liégeoise. Avant de découvrir ce dont elles avaient été victimes, plusieurs femmes l’aurait pris comme étant “l’homme idéal.” L’expert avec lequel il travaillait a également été épinglé par l’enquête avant d’obtenir un non-lieu. En effet, une victime aurait été "conseillée” par cet ami de longue date du suspect, de ne pas accorder de témoignage à la police.  “En décembre 2020, elle a été appelée par le suspect, qui lui dit qu'il avait un soucis”, explique Me Baldo, l’avocate de la partie civile. 

Lors de la plaidoirie de l'avocate, à l'évocation des faits reprochés au prévenu, plusieurs des victimes n'ont pu s’empêcher de laisser s’échapper des sanglots contenus. “C'est à ce moment que le ciel lui est tombé sur la tête. Il lui a dit qu’il allait falloir qu’elle l’aide. Il lui a dit que des dames déposaient plainte contre lui pour viol. Il lui a dit qu’il y avait une femme pour laquelle cela allait poser souci, parce que c’était elle.” C’est de cette manière qu’elle a découvert qu’elle avait été victime. Il lui a ensuite mis la pression en lui disant qu’elle allait "gâcher sa vie !” 

Le suspect a été incarcéré le 22 décembre 2020. “La manipulation a continué par l’intermédiaire de l’autre expert”, poursuit Me Baldo."Ne dis pas ça à la police, tu vas l’enterrer”, aurait dit l’autre expert. Lorsqu’elle a fini par découvrir les vidéos, elle a découvert qu’elle avait “l’air morte”  pendant qu'elle était abusée.” Devant une salle remplie de victimes, l’avocate a demandé 7 500 euros provisionnels et une expertise de sa cliente. 

Lors de la précédente audience consacrée à son affaire, le suspect a nié avoir commis des viols. Il a reconnu des attentats à la pudeur sur la jeune femme de son entourage et avoir filmé certaines jeunes femmes à leur insu. La dernière petite amie du suspect s’est également constituée partie civile. Elle s’est souvenue qu’il l’avait pesée durant la relation. Elle estime que c’était pour connaitre la quantité exacte de GHB qu’il fallait lui administrer pour la plonger dans un état second. Le suspect a également demandé à cette dame de se rendre à son domicile après son arrestation pour subtiliser des objets qui pouvaient se montrer compromettants pour lui. L’avocate de cette dame a demandé 5 000 euros.

 L’avocat de la victime qui a fait éclater l’affaire a ensuite plaidé. Cette dame a rencontré le suspect sur un site de rencontres. Au troisième rendez-vous, Alan lui a proposé de venir chez lui. La dame ne s’est pas méfiée. Lors de ce rendez-vous, l’homme lui a proposé de boire un cocktail. Après deux gorgées, elle a subitement été très malade. Elle s’est souvenue que l’homme l’avait ramenée chez elle dans un état second. Elle était si indolente qu’elle ne parvenait même pas à appuyer sur les boutons de l’ascenseur pour rentrer dans son logement. Le lendemain, elle s’est réveillée toute habillée et toutes les lampes de l'habitation étaient allumées. Elle ne savait même plus où elle se trouvait. C’est en parlant avec des amies qu’elle a commencé à s’inquiéter de ce qu'il s’était passé cette nuit-là. Elle n'osait pas déposer plainte à l’encontre de cet ancien policier en train de devenir expert judiciaire. Elle n’a déposé plainte que quatre mois plus tard. C’est par sa plainte que l’enquête a débuté et les faits inimaginables ont été mis au jour. Elle a ensuite découvert qu'il l'avait déjà filmée lors d'un précédent rendez-vous. Cette fois-là, elle n'avait pas bu et on la verrait sur la vidéo refuser des pratiques sexuelles qu'elle aurait ensuite eues avec le suspect tout en étant filmée. L'avocat de cette victime a plaidé 5 000 euros définitifs pour sa cliente. Les plaidoiries se poursuivent durant toute la journée.