Installé dans le nouveau bâtiment au cœur du parc d’Avroy depuis le 18 juin 2020, le Trinkhall museum devait inaugurer son exposition "Visages/frontières" quand la crise sanitaire a brutalement fermé la porte à la vie culturelle, sociale… Pour sa saison 2021-2022, le Thrinkhall prolonge l’exposition jusqu’en février prochain, de sorte à donner l’occasion de la découvrir à ceux qui n’en auraient pas encore eu la possibilité.

Le musée d’art contemporain, qui succède au Madmusée dans la même perspective, redémarre par ailleurs en énergie en ce mois de septembre avec quatre nouvelles expositions : celle de cinq artistes du Créahm à la biennale d’art hors normes de Lyon, celle consacrée à Yvon Vandycke à la Boverie, et en ses murs "Emportés par la foule" (Pascal Tassini) et "La fabrique des images" (Pierre De Peet).

Avec plus de 4000 pièces, le musée s’inscrit dans une nouvelle politique d’accroissement de ses collections ; des créations venant du monde entier, toutes réalisées en atelier par des personnes porteuses d’un handicap ou fragiles, et "menacées de dispersion ou dispersion". Des œuvres qui reflètent en miroir "la puissance expressive des mondes fragiles", commente Carl Havelange, directeur artistique du musée. "Plutôt que de parler d’art brut, on préfère parler d’art situé, car ce qui intéresse, c’est le processus de la création artistique".

Cette politique de développement s’est notamment traduite cette année par l’acquisition d’œuvres de Pierre De Peet, décédé fin 2019 à l’âge de 90 ans, exposé au rez-de-chaussée du musée. Artiste méconnu, il a fréquenté pendant près de 30 ans les ateliers du Chréam-Bruxelles, s’inspirant des magazines et livres d’art qu’il feuillette. "Son langage pictural reflète une dimension à la fois tragique d’exister et une jubilation de créer". À l’étage, le musée fait la place à l’artiste liégeois sexagénaire reconnu internationalement pour ses sculptures en tissu noué, Pascal Tassini. On peut y découvrir sa "cabane" en tissu noué et ses œuvres en terre cuite.

Ces expositions sont présentées dans un nouveau catalogue illustré semestriel (12 euros). Le Trinkhall museum lance également l’impression d’oeuvres issues de sa collection via son atelier.