À peine mis en place (mars 2019), le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP), organe paraparlementaire, s’est penché sur la situation vécue par près de 200 personnes internées à l’établissement de défense sociale de Paifve. Des personnes reconnues irresponsables pénalement des actes commis et condamnées à une mesure de sûreté destinée à protéger la société, à la place d’une peine de prison et ce, pour une durée indéterminée. Des personnes qui, selon la commission de surveillance locale, manquent de soins.

Au cachot à l’arrivée

"Il y a un seul psychiatre expertise pour près de 200 patients internés ainsi que trois psychiatres soins qui ne sont pas présents en permanence. Le fond du problème n’est donc pas géré de façon continue. Des tâches nocturnes sont confiées à du personnel infirmier, moins de dix personnes, qui est parfois confronté à des agitations, des états de crise. Si la situation n’est pas plus explosive, c’est grâce à la bienveillance et à l’expérience du personnel", souligne Jacques Daele, médecin de la commission de surveillance locale.

Aussi, selon le rapport établi par le CCSP, le côté pénitentiaire l’emporte sur l’aspect des soins requis par l’état de santé mentale ainsi qu’en vue de leur réinsertion dans la société. Et d’ajouter que ce déficit d’encadrement entraîne des dérives. "Par exemple, dès leur arrivée et à défaut d’autre encadrement, ils sont placés en cachot, une situation pouvant aller jusqu’à plusieurs jours, sous prétexte d’observation. Or, toute nouvelle arrivée est annoncée et il est donc possible d’envisager une autre prise en charge que le placement en cachot", relève Marc Nève, président du CCSP, ajoutant que l’environnement "t otalement carcéral " influence l’atmosphère qui y règne.

Ce rapport formule une série de recommandations à court, moyen et long terme. "Certaines peuvent être mises en œuvre assez vite et facilement sans personnel supplémentaire", estime le docteur Daele.