Comme annoncé, Le front commun syndical CSC-FGTB a mené vendredi, diverses actions pour “de meilleurs salaires” et pour rappeler son opposition à la loi de 1996 sur la formation des salaires, accusée de “verrouiller” le pouvoir d’achat dans un contexte d’inflation galopante et de prix de l’énergie exorbitants.

À Liège, environ 5 000 personnes se sont ainsi rassemblées au port pétrolier de Sclessin pour rejoindre la gare des Guillemins. C’est là que les différents leaders syndicaux ont pris la parole devant leurs militants. “La vie est de plus en plus chère, les profits des entreprises explosent, mais nos salaires restent bloqués”, a ainsi regretté d’emblée Jean-Marc Namotte, Secrétaire fédéral de la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien. “Malgré la guerre à nos frontières, la crise de l’énergie et l’augmentation des produits de notre consommation quotidienne, les réponses du monde politique sont trop lentes et timides !”, explique-t-il.

L’occasion pour Jean-Marc Namotte de rappeler les revendications de la CSC : la liberté de négocier des augmentations salariales, en modifiant la loi de 96 ; le retour des carburants dans l’index des salaires et des allocations sociales ; l’automatisation du cliquet inversé ; la mise sur pied d’un comité de contrôle des prix de l’énergie ; la réduction définitive à 6 % de la TVA sur le gaz naturel et l’électricité ; l’application du tarif social élargi à durée indéterminée.

Une urgence sociale

“De plus en plus de gens sont dans d’immenses difficultés financières, alors que nous sortons à peine d’une pandémie qui a laissé des traces et des pertes sèches de revenus”, a continué Jean-Marc Namotte. “Nous voyons aussi l’impact des crises sur les seniors, les travailleurs sans emploi, les malades, sur les jeunes qui doivent se loger, se chauffer et subvenir au quotidien à leurs besoins tout en devant travailler pour construire leur avenir.”

© csc
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Cette urgence sociale pousse les syndicats à agir car “la force syndicale, c’est aussi la force de se mobiliser, de répondre présents quand c’est nécessaire”. Et le secrétaire fédéral de prévenir : “Les actions régionales en front commun aujourd’hui dans tout le pays sont un dernier avertissement. Ne pleurons pas sur notre sort. Nous sommes plus forts quand nous sommes ensemble et déterminés !”

Ce message, une délégation syndicale CSC-FGTB est allée le porter en main propre au MR, au PS et chez Ecolo. “Au PS et chez Ecolo, Christie Morreale, Frédéric Daerden et Veronica Cremasco se sont montrés favorables à la révision de la loi de 96. Tous se sont également montrés favorables à des mesures d’urgence sociale. Au MR, Pierre-Yves Jeholet n’a pas fermé la porte. Il s’est dit prêt à discuter, tout en disant qu’il y avait un équilibre à maintenir pour garder la compétitivité. Il a également fait remarquer que le pouvoir d’achat était également soutenu par l’indexation automatique des salaires”.

Mais quoi qu’il en soit, la CSC et la FGTB ont d’ores et déjà demandé à leur base de rester mobilisée avec, en ligne de mire, la grande manifestation du 20 juin prochain à Bruxelles.