La préparation de ce terrain situé en bordure du village de Hermalle-sous-Argenteau et destiné à accueillir le Trilogiport, plateforme de 120 ha dédiés à la logistique, a débuté voici plusieurs années déjà… La phase 1 du chantier a été lancée en juin 2013. Et aujourd’hui, la phase 2 de ce méga-projet (45 M€), débute, avec la réalisation des accès… dont le fameux pont Nord, qui permettra de concentrer toutes les entrées et sorties routières vers le site.

Construit au-dessus de la Meuse, il reliera l’autoroute E 25 au Trilogiport en passant aussi au-dessus de l’autoroute. L’option satisfaisait tout le monde du côté de Herstal et surtout d’Oupeye puisque cela signifiait un moindre charroi de ce côté de la vallée.

En face toutefois, du côté du futur pont, il y a "les oubliés du Trilogiport" comme ils se surnomment eux-mêmes. Car leur (seule) revendication n’a pas été entendue : construire le pont derrière l’E 25 et non devant… leur maison.

"Avec ce merlon construit pour le pont, la chaussée d’Argenteau sera la seule mutilée pour le Trilogiport", constate ce riverain qui réside juste en face du futur pont. Ici, depuis toujours, c’est d’une vue sur la Meuse "et même sur Visé" dont jouissent les habitants.

Dans quelques mois, on construira ce pont et, pour ce faire, "il faudra réaliser un merlon de 11 m de haut avec une rampe d’accès longue de 650 m". Résultat : plus d’autoroute, plus de Meuse… plus de vue. Mais bien 25.000 m3 de terre ! Et d’enterrer au passage la qualité de vie des habitants.

Ce qu’ils contestent, "c’est le fait de n’avoir jamais été sollicité lors de l’étude d’incidences", car ils ne sont pas riverains directs du site sans doute. C’est pourtant eux qui subiront les nuisances.

Outre la "disparition de tout horizon", ces oubliés craignent aussi, à juste titre, le bruit, "avec les camions qui doivent se relancer". Sans parler du trafic engendré par les camions, "tout le monde prendra par notre chaussée pour éviter ce trafic supplémentaire". Et que dire encore des maisons "qui perdent 30 à 40 % de leur valeur" ?

Las et déçus, ils constatent aujourd’hui : "la Meuse était une belle vallée... mais nous la regardons pour la dernière fois".