Liège 2 "scan-cars" remplacent les pervenches ; décision prise suite à l’attentat de mai 2018

Les autorités communales l’indiquaient encore ce lundi soir en séance publique du conseil, "la problématique du stationnement dans le centre et l’immédiate périphérie demeure un réel sujet de préoccupation des Liégeoises et des Liégeois"… C’est la raison pour laquelle le Collège a annoncé son intention de doubler le nombre de places disponibles (lire ci-contre) mais aussi de "renforcer le contrôle du stationnement via la zone de police et le recours à la scan-car"…

Petit retour en arrière. C’est un incident bien malheureux, dramatique même, qui a enclenché cette réflexion au sein des services de police. Le 29 mai 2018, deux agents de police étaient sauvagement assassinés en plein exercice de leur fonction, par Benjamin Herman. Cet acte terroriste a, c’est peu de le dire, marqué les esprits policiers… et plus encore ceux du service de contrôle du stationnement (11 personnes) dont faisaient partie les victimes.

Au lendemain de l’attentat , impossible pour le service d’assurer sa mission quotidienne en toute quiétude. Celle-ci fut répartie, par solidarité, entre les différents services de la police.

Mais Aujourd’hui, c’est vers une modernisation du contrôle que Liège se dirige : la scan-car remplacera les "pervenches" sur le terrain. Concrètement, ce sont en fait deux engins du genre qui vont être affectés au contrôle des véhicules stationnés à Liège. Dès cet été, la phase de test sera lancée, les véhicules vont donc "tourner" dans Liège avant, vraisemblablement, une mise en service officielle d’ici la fin de l’année. De marque Renault (type Zoe), ces véhicules électriques circuleront de manière anonyme mais, à l’instar des véhicules de "Google Street View", ils disposeront de plusieurs caméras sur le toit. Ce sont ces caméras qui vont précisément scanner de façon systématique l’ensemble des véhicules stationnés à Liège. "Cela sera exploité pour les zones horodateurs, riverains, taxis et cars", nous précise-t-on à la police de Liège.

"Un tournant"

Dans les rangs de l’opposition, si personne ne remet en question l’efficacité du système voire sa pertinence, d’aucuns s’accordent à dire que la scan-car ne peut pas être lâchée dans la ville du jour au lendemain. “Le grand public se rend mal compte à quel point les contrôles vont changer de dimension”, indiquait Quentin Le Bussy (Vert Ardent). “Il faut informer car ceci va être un vrai tournant par rapport à une politique plus laxiste”, estimait pour sa part Benoît Drèze (CDH). Sans parler de cette autre inquiétude, notamment relayée par François Schreuer (Vega) : quid des automobilistes qui, pour leur travail, doivent circuler et stationner régulièrement dans Liège comme les infirmières à domicile ?

D’un point de vue technique, cette nouveauté nécessite bien sûr une adaptation du parc des horodateurs, afin que les "scans" soient efficaces à 100 %. La phase test servira notamment à ajuster le tir tout comme elle servira à mettre le doigt sur d’éventuelles adaptations du système.

On l’imagine, l’outil sera rigoureusement efficace. Il permettra en effet à la police d’avoir une puissance de contrôle proche de la perfection. Un seul conseil dès lors : attention au PV.