Liège La Ville de Liège a promis de trouver une solution mais...
Ce n'est pas la première fois que la Voix des sans-papiers de Liège (VSP) se fait entendre, au conseil communal liégeois. Ce lundi 24 juin toutefois, l'urgence et la détresse semblaient plus palpables que jamais. Sur le coup de 18h30, des dizaines de sans-papiers étaient en effet présents devant la salle du conseil, afin d'entendre Ingrid Falque, venue rappeler la situation de grande détresse dans laquelle se trouvent des dizaines de familles à Burenville depuis... des années.
"La VSP est un collectif qui s'est constitué il y a quatre ans, il regroupe une centaine de personnes provenant de plus de 29 pays, principalement subsahariens, qui se sont organisées en harmonie et sont bien intégrées, malgré le fait qu'elles vivent dans des conditions précaires, tant matérielles que psychologiques", a rappelé la porte-parole de la VSP.
Ce lundi, ils étaient donc une nouvelle fois venus pour trouver une solution pérenne... Initialement, le collectif occupait un bâtiment de l'ONE à Sclessin. Celui-ci étant trop exigu, c'est dans l'ancienne annexe de l'école d'horticulture à Burenville que les sans-papiers ont trouvé refuge, avec femmes et enfants. C'était en 2015... mais en juin 2016, le bâtiment mis en vente par la Ville a trouvé acquéreur...
La Ville, entre-temps devenue première grande ville belge à se déclarer "commune hospitalière" s'est alors engagée à trouver une solution pour le groupement, afin que ces familles ne se retrouvent pas à la rue. Mais Ingrid Falque l'a donc rappelé ce lundi soir : "L'acheter du bâtiment, l'ASBL Le Perron, attend le relogement et la ratification de la vente pour pouvoir développer son projet de travail adapté. Il y a urgence". Et d'insister sur cet engagement de Liège, "d'accentuer toutes les politiques qui permettent de réduire le nombre d'immeubles inoccupés afin de les mettre à disposition des personnes au statut précaire". La solution viendrait de ces immeubles inoccupés ? Trop simple... et impossible doit-on comprendre.
"Il est faux de dire et de croire que la Ville posséderait des bâtiments vides permettant de loger des gens, dans des conditions dignes et conformes aux différentes normes de sécurité et de salubrité. A fortiori une centaine de personnes", a indiqué le bourgmestre Willy Demeyer ce lundi soir. Ce qui, toutefois, n'enterre en rien les promesses émises par Liège. Non sans plaider pour une solution durable et donc "nécessairement une régularisation, qui est de compétence fédérale", le bourgmestre a réaffirmé l'intention de la Ville : "le collège communal poursuit la recherche de solutions d'hébergement"... Une intention intacte donc mais, toujours, une impasse.