Le Groupement CHB qui s’oppose à la liaison ne lâche rien. Ils s’expliquent…

"Tant que la légalité du projet n’est pas mise en cause, le risque est là"… Frédéric Falisse, infatigable président du Groupement CHB, fondé en 1996, ne peut pas mieux résumer la position de son association qui, depuis plus de deux décennies, lutte contre ce projet autoroutier… une liaison de 12,5 kilomètres entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays afin de boucler le ring liégeois qui, dit-on, devrait réduire la pression automobile le long des quais de la Dérivation et dans le tunnel sous Cointe…

Hérésie, crient ses détracteurs depuis toujours qui rappellent aujourd’hui que ce projet est "né en 1969, à une époque où Bruxelles ambitionnait d’être la ville du monde la plus accueillante pour les automobilistes". Une autre époque.

Des détracteurs qui ne lâchent donc rien. Le Groupement CHB vient en effet de déposer une requête en annulation devant le Conseil d’État contre l’arrêté du Gouvernement wallon adoptant définitivement le Plan urbain de mobilité (PUM)… mais pourquoi ? Tout simplement car, dans ce PUM, présenté comme un "document d’orientation, de l’organisation et de la gestion des déplacements, du stationnement et de l’accessibilité générale" de Liège, la liaison CHB reste d’actualité. Certes comme dernier recours pour réduire le trafic à Liège. Mais elle est là.

Pourtant toujours, dans le Plan Infrastructures 2019-2024 de la Région wallonne, CHB ne figure nulle part… ce qui assure un gel du projet jusqu’en 2025. Acharnement du groupement ? "En 2009, lorsqu’Ecolo a participé à la majorité, le projet avait aussi été gelé ce qui ne l’a pas empêché d’être ressorti après", observe Frédéric Falisse. Qui le précise encore : "le risque est là". Preuve en est, cette "zone de réservation", qui gèle d’innombrables terrains le long de cette liaison, où les citoyens ne sont pas maîtres chez eux. "Lors de la précédente législature d’ailleurs, il y a encore eu des expropriations".

Les 4 motivations du recours

Les moyens utilisés se focalisent sur des erreurs de procédure… évidentes pour certaines insiste le collectif.

Premier argument : le PUM est considéré comme un document qualitatif et non comme une norme… Or, "il s’agit bien d’un document normatif, car il règle l’orientation et contient des objectifs à atteindre […] Bref, le PUM aurait dû être soumis à l’avis préalable du Conseil d’État".

Deuxième argument : La plupart des données concernant la liaison CHB, analysées dans le PUM, sont issues d’une étude d’incidences réalisée en 2007 dans le cadre d’un permis d’urbanisme… or nous ne sommes plus dans le cadre d’un permis d’urbanisme. Il y aurait un vice fondamental d’ordre public.

Troisième argument : le Gouvernement wallon a voté le PUM alors que le Parlement wallon était dissous.

Quatrième argument : la liaison CHB semble être un élément essentiel du PUM… pourtant, le groupement constate une "fameuse contradiction" : "d’une part le Gouvernement wallon affirme lors de l’adoption du PUM que la liaison CHB est nécessaire à l’équilibre global du PUM. D’autre part, le même Gouvernement "postpose la décision de mise en œuvre de CHB après la réalisation du tram et du Réseau express liégeois".