On le sait, la société Liberty Steel à Liège a demandé et obtenu, le 11 mai dernier, d’être placée sous Procédure de Réorganisation Judiciaire (PRJ). Ce “statut” lui a été accordé par le Tribunal de l’Entreprise de Liège pour mettre le sidérurgiste à l’abri de ses créanciers et ce, jusqu’au 31 juillet prochain. À ce moment on parlait d’une soixantaine de millions de dettes…

Cette période de protection devait être mise à profit par l’entreprise pour adopter une nouvelle stratégie, dégager de l’argent frais voire trouver de nouveaux partenaires ou encore un repreneur.

Les choses ont semble-t-il évolué puisque ce mardi, les représentants du personnel étaient convoqués à un Conseil d’Entreprise où la volonté de prolonger la PRJ a été évoquée, expliquant que Liberty Galaty (Roumanie) avait accordé un prêt de 10 millions à l’unité liégeoise.

Mais, de manière très concrète, il est désormais question de fusionner les infrastructures liégeoises (Ferblatil à Tilleur, Galva IV et V à Flémalle, soit 742 travailleurs) Non seulement à celles de Dudelange, mais surtout aux infrastructures de Liberty Steel située à Galati et à celles situées à Magona (Italie). “Liberty Galati, la plus grande aciérie intégrée de Roumanie, deviendra le principal fournisseur de bobines laminées à chaud (HRC) des entreprises en aval de Liberty, garantissant un approvisionnement sûr et durable de leur matière première”, a expliqué la direction.

Mais le tableau n’est pourtant pas idyllique, loin de là puisque cette même direction a lâché le mot que personne ne voulait entendre : “restructuration”.

“Les premières livraisons de HRC de Liberty Galati devant arriver aux usines en aval dans les prochaines semaines, leur permettant de redémarrer leurs lignes peu de temps après. La restructuration devrait conduire à des synergies dans divers domaines fonctionnels, notamment les achats, l’informatique et la comptabilité”.

De quoi faire frémir les représentants syndicaux. “Le plan qui nous sera présenté doit être soutenable pour les travailleurs. Il doit également assurer la pérennité des sites liégeois”, estime Jordan Atanasov (CSC).

Averti de la tenue de ce Conseil d’entreprise, le personnel était présent au siège central à Flémalle.

“Les gens sont inquiets et on les comprend”, reprend Jordan Atanasov. “Mais, il faut à tout prix éviter le dépôt de bilan et tout le monde en est conscient”.

Une réunion ayant pour thème la réorganisation et ses conséquences est prévue la semaine prochaine…