L’avenir de Liberty Steel en bord de Meuse s’assombrit, et le sidérurgiste se rapproche encore un peu plus de la dissolution. En effet, selon nos confrères luxembourgeois de Paperjam, le procureur du Roi de Liège a décidé de la révocation du plan de réorganisation judiciaire pour les usines de Tilleur et de Flémalle.

Autrement dit, la société LLD, filiale liégeoise du sidérurgiste Liberty Steel, est visée par une procédure de dissolution. Une nouvelle étape judiciaire qui devrait sonner le glas du sidérurgiste en bord de Meuse après n’avoir pas réussi à tenir ses engagements dans le cadre d’un plan de réorganisation judiciaire.

Tout se jouera le 16 mars prochain lors d’une audience du tribunal de l’entreprise de Liège qui devrait se prononcer au sujet de cette demande de dissolution des entités belges du groupe Liberty Steel.

Cité par Paperjam, les responsables de Liberty Liège comptent avancer des arguments pour la continuation de l’activité en bord de Meuse. “Nous allons offrir une défense solide, en soulignant les progrès réalisés par l’usine dans le cadre de son plan de transformation, ainsi que l’engagement de Liberty à fournir les investissements nécessaires pour couvrir les besoins en suspens et assurer l’avenir des usines”.

Pour bien comprendre, un retour en arrière s’impose. Le 11 mai dernier, Liberty Steel a demandé et obtenu d’être placée sous procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Ce statut lui a été accordé par le tribunal de l’entreprise de Liège pour mettre le sidérurgiste à l’abri de ses créanciers.

Respecter ses engagements

Ce statut avait pour but de donner du temps à la direction pour lui permettre de mettre sur pied un plan de sauvetage. Ce plan, présenté au tribunal, prévoyait que les Roumains de Liberty Galati prête 10 millions à l’unité liégeoise. Il était aussi question d’une restructuration prévoyant 153 départs, un chiffre revu à 90, après des négociations avec les syndicats.

Dans un premier temps, l’argent n’est pas arrivé, puis a été, de nouveau, promis… Mais force est de constater que le financement n’est toujours pas là.

Pire, alors qu’une rencontre devait avoir lieu le 18 février dernier avec le juge délégué du tribunal de l’entreprise de Liège (pour faire le point sur le respect des engagements conclus lors de la procédure de réorganisation judiciaire), cette réunion a tout simplement été annulée par ledit Juge-Délégué. Le magistrat a dans la foulée, transmis le dossier au Procureur du Roi. La raison de ce revirement réside dans le fait Liberty Steel Liège n’aurait pas édité ses comptes, ce qui est obligatoire. Conséquence : la clarté ne pouvant être faite sur les résultats de l’entreprise, le dossier a été transféré aux mains de la justice, avec en bout de course, la citation en dissolution demandée par le parquet.

Le 16 mars, le risque est de voir tribunal considérer que les engagements pris ne sont pas respectés et décider d’une liquidation de l’entreprise ou d’une nouvelle procédure de réorganisation judiciaire. Dans un cas comme dans l’autre, l’emploi en souffrira.

Face à ce fameux coup de pression, Liberty Steel pourrait PRÉ rentrer dans le rang et remplir ses engagements fixés durant la PRJ.

Selon les estimations syndicales, il faudrait aujourd’hui un montant de 50 millions d’euros pour relancer les outils sidérurgiques liégeois…