Liège Le "modeste" et généreux service des infirmières de rue affiche un bilan positif depuis son arrivée en mai.

C’est une triste réalité… liégeoise. Dans les rues de la Cité ardente, les sans-abri abondent, comme les toxicomanes d’ailleurs. Deux "catégories" qui s’entremêlent et font partie du décor. Ils seraient entre 500 et 800 "résidants".

D’un côté, les autorités communales, par l’action du bourgmestre Willy Demeyer, tentent d’apporter une réponse concrète à la toxicomanie de rue. Quant au sans-abrisme, l’aide est aussi multiple Liège… Et en mai dernier, un nouveau "service" a fait son apparition, une bouffée d’oxygène à en croire le milieu associatif et les éducateurs de rue. Comme à Bruxelles, des infirmiers de rue ont fait des SDF leurs patients. Deux infirmières en l’occurrence, Camille et Fanny, 25 ans, professionnelles du secteur. Deux Liégeoises touchées par cette réalité.

Ce mercredi, quatre mois après le lancement du projet à Liège, elles exprimaient les difficultés quotidiennes et les besoins rencontrés. Depuis leur arrivée, Fanny et Camille ont ainsi rencontré 104 personnes sans-abri. Au total, plus de 73 rencontres ou accompagnements ont été réalisés avec 6 patients en suivi intensif. Et comme à Bruxelles où les résultats se font sentir après 10 ans de travail quotidien, les résultats sont positifs.

"C’est en accompagnant des éducateurs de rue que nous prenons contact avec les personnes sans-abri", explique Camille, "un contact qui se crée tout naturellement. Même s’il y a une méthodologie à respecter". Afin de ne pas briser la confiance doit-on comprendre. "Nous ciblons toujours les plus vulnérables, par l’âge ou le sexe", poursuit Fanny. "Ensuite, nous proposons un traitement médical et hygiénique de base après quoi, la deuxième étape est la valorisation de la personne. Car ce qui importe est bien sûr la santé globale, mentale. Nous leur demandons quels sont leurs centres d’intérêt. Quels sont leurs rêves". Et ils reprennent confiance…

À long terme, l’objectif est clair : "nous souhaitons assurer un suivi global pour permettre aux personnes de retrouver un logement". Le but est bien de sortir de la rue. Et ce "doux rêve" de n’avoir à travailler que de manière préventive…