Ce n’est un secret pour personne, les communes ne sont financièrement pas aux mieux… et à Liège plus qu’ailleurs sans doute, les mauvaises nouvelles se sont multipliées ces dernières années… Crise du covid, inondations de juillet 2021, cyberattaque, "nous les avons toutes eues", commentait ce mardi le bourgmestre Willy Demeyer. Ajoutons à cela l’envolée du prix des énergies (+ 100 %, soit 11,5 millions en 2022), des matières premières et l’indexation des salaires qui représentent en 2022 une augmentation nette de 15,6 millions à Liège, et on pourra se faire une idée de l’impasse financière liégeoise.

Le dernier plan de gestion datait de 2017, il était donc temps de le réactualiser, même si le plan Oxygène garanti une enveloppe de 394 millions sur 5 ans - la Région intervient à hauteur de 15 % dans ce qui est un prêt et prend en charge les intérêts.

Présenté en séance publique lors du conseil de mardi prochain, le nouveau plan de gestion ne prévoit pas moins de 60 mesures touchant tour à tour les recettes, la masse salariale, des économies de fonctionnements ou encore des synergies avec le CPAS, sans oublier l’espoir d’une "solidarité fédérale pour un refinancement de certaines missions régaliennes". Impact cumulé sur les 5 prochaines années des 60 mesures : 140 millions, "sans licenciement et sans toucher à la balise des investissements", assurent encore le bourgmestre et la première échevine Christine Defraigne.

Rien que sur le refinancement fédéral - majoration de la dotation pour la police de l’ordre de 9 millions par an, de 10 % pour les revenues d’intégration et financement à 50 % de services d’incendie - Liège espère 19 millions par an dès 2025. "Quand nous avons un grand problème, on trouve rarement une grande solution", commentait encore le bourgmestre ce mardi, satisfait de présenter un panel large de mesures d’économies… "tout n’est pas égal mais les petits ruisseaux font les grandes rivières", ponctuait l’échevine. Des ruisseaux qui, pour la plupart, ne se tariront pas puisqu’un accord est acquis en majorité… et qu’un accord syndical est même trouvé pour les mesures touchant au personnel. Il n’y a plus qu’à…

Des zones étendues de parkings payants

On évoque le double du nombre de places payantes… soit 4 500 de plus.

Parmi les mesures qui risquent de faire jaser certains citoyens, il y a celle, logique au regard de la politique de mobilité actuelle, visant à étendre progressivement la zone de stationnement réglementée (avec la fin de la neutralisation des horodateurs pendant les fêtes de fin d’année)… “Il s’agit d’étendre les zones de stationnement réglementées aux quartiers qui subissent une forte pression de stationnement”… avec 4 500 nouvelles places payantes. Impact chiffré sur 5 ans : 3 millions d’euros.

Il s’agira aussi de revoir la politique événementielle. Le règlement qui fixe les redevances pour occupation du domaine public sera revu afin de supprimer la gratuité pour les événements de moins de 40 jours… sont visés le marché de Noël et le Village gaulois notamment. Impact : 221 000 euros sur 5 ans.

L’opération entamée il y a 3 ans et visant à actualiser les données cadastrales des 28 000 biens répertoriés “sans confort” doit aussi se poursuivre. Impact chiffré sur 5 ans : 4 millions.

Les autorités entendent également récupérer les pertes des compensations “plan Marshall”… on parle d’un montant de 2,5 millions.

La Ville de Liège acte également l’augmentation des subsides liée à la réforme Milac, dans le milieu de l’accueil de la petite enfance… impact chiffré à 2,8 millions.

Nouvelle recette toujours, il s’agira d’uniformiser les tarifs des stages organisés par la Ville, à 25 euros par semaine, “soit le montant actuellement remboursé par la plupart des mutuelles”. L’impact pour les parents serait nul et pour la Ville, de 10 000 euros.

Au niveau des dépenses liées au personnel (nominations, 2e pilier de pension, personnel détaché, réorganisation de plusieurs services), l’économie se chiffrerait à 9 millions d’euros. Sans licenciement donc.

Le rassemblement des services de la Ville et du CPAS, au sein de la Cité administrative 2.0, permettra enfin des économies de “synergies”, toujours sans licenciement assure-t-on. “L’objectif n’est pas de restreindre mais de dégager de la marge”. Entre autres...