L’avocate générale a requis des peines allant de quinze jours à un mois de prison et des amendes allant de 300 à 600 euros à multiplier par huit devant la cour d’appel de Liège à l’encontre des dix-sept syndicalistes qui doivent répondre des faits qui sont déroulés le 19 octobre 2015 sur l’autoroute E 40 à Herstal. 

Ce jour-là, la FGTB a mené une importante action de grève. Les syndicalistes ont bloqués les accès aux principaux zonings industriels et les autoroutes. Ils ont empêché la circulation sur l’autoroute A602 et la E40 à hauteur du pont de Herstal et ont provoqué près de quatre-cent kilomètres de files. Lors de la manifestation, les grévistes ont commis énormément de dégradations, aux installations en mettant le feu à des pneus, mais aussi à des palettes de bois sur les routes. Certains ont également commis des dégradations au chantier de l’hôpital du Mont-Légia mais les auteurs n’ont jamais pu être identifiés. La Sofico et la Région wallonne se sont constituées parties civiles pour les dégradations commises sur l’autoroute et l’entrave méchante à la circulation. 

Des syndicalistes, mais aussi des responsables syndicaux de la FGTB, sont poursuivis dont Antoine Fanara, le secrétaire régional de la FGTB-Métal, mais aussi Thierry Bodson, le secrétaire général de la FGTB. La plupart des prévenus ont déclaré qu’il n’était pas prévu d’aller sur l’autoroute. 

Certains ont déclaré qu’ils ne savaient pas qui avaient allumé les feux et ont expliqué qu’il y avait dans la manifestation des personnes habillées de noir qu’ils ne connaissaient pas… “Il y avait des feux sur le pont, comme tout bon citoyen, je me suis tracassé et j’y suis allé”, avait expliqué l’un d’eux. “L’action était exagérée. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire. Personne ne savait si c’était une action de la FGTB. On n’a pas eu le mot d’ordre de bloquer l’autoroute. Nous étions tous là comme des spectateurs”, a-t-il poursuivi devant les magistrats de la cour d’appel. “La FGTB a revendiqué les actions, mais la partie autoroute n’a pas été annoncée comme une organisation ou une victoire. C’est la presse qui nous attribue cette action”, a déclaré un autre prévenu. “On a été très salis dans la presse. On nous a même accusés d’homicide. La presse s’en est donnée à coeur joie. Il y a eu un acharnement médiatique. On a bloqué l’économie, dans tout le pays, c’est une réussite syndicale”, a-t-il encore estimé. Quant à Thierry Bodson, il a expliqué qu’il ne savait pas qui avait bouté le feu. “Je suis arrivé à 6 h 30 et le feu était déjà bouté. Le feu a été mis en place par des personnes inconnues de la FGTB.” Le parquet général a estimé qu’ils avaient tous participé.