Ce lundi après-midi, une chambre correctionnelle composée de trois juges a entamé les débats concernant le dossier de l’explosion de Liège qui a coûté la vie à 14 personnes dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010.

Ce drame s’est produit à 1 h 48 alors que les habitants étaient profondément endormis. Une importante explosion due au gaz a soufflé l’immeuble situé au numéro 18 de la rue Léopold en plein coeur de Liège. Les pompiers étaient affairés à sauver les personnes qui se trouvaient prisonnières de leurs habitations lorsque les immeubles situés au numéro 18 et au numéro 20 se sont écroulés sur les habitants.

Après plus de dix années de procédure, le tribunal a débuté les débats. L’examen de ce dossier est prévu pour une semaine entière. Le propriétaire de l’immeuble, la partie prévention du Service Régional d’Incendie et deux employés de la ville de Liège du service santé publique sont poursuivis dans cette affaire.

En tout, 56 parties civiles se sont constituées dans cette affaire. Les débats ont débuté par l’appel du rôle. Le tribunal a ensuite entendu les experts qui ont travaillé dans ce dossier.

"Les trois experts ont les mêmes conclusions", a indiqué un de ceux-ci. "L'explosion est due à une accumulation de gaz dans le fond plafond du rez-de-chaussée de l'immeuble. L'explosion résulte d'une fuite de gaz naturel sous le plancher du premier étage qui s'est propagée vers le 1er étage où a eu lieu l'explosion.

Les experts ont évoqué le fait qu'une odeur de gaz avait été sentie le 23 janvier 2010, soit quelques jours avant l'explosion. "Un sapeur pompier a détecté du gaz le 23 janvier 2010. La fuite de gaz était avérée. Nous pouvons penser qu'il y a une relation entre cette fuite de gaz et l'explosion.

Les experts ont rappelé que l'immeuble du numéro 18 avait été plusieurs fois épinglé et que des travaux auraient dû avoir lieu, mais cela n'a pas été le cas. "Il y a eu pas moins de 7 visites entre 2008 et 2009. Le 24 juin 2008, l'ILLE a fait un rapport qui demandait le contrôle par une personne agréée. Les nombreux moyens de prévention qui ont été demandés n'ont jamais été mis en oeuvre.

En 1995, une conduite de gaz a été réalisé pour le 4e et 5e étage et passait par le faux plafond du 1er étage. Les experts ont constaté que ces raccordements avaient été réalisés en dépit du bon sens. L'endroit n'était pas ventilé."L'installation était affectée de vices graves." L'explosion a été provoquée par une quantité de 12 à 15 m3 de gaz en quatre heure de fuite. Les experts ont estimé que l'explosion était due à une rupture de canalisation. "Les deux services de prévention ont décrété que ces installations n'étaient pas valables.C'était du bricolage."