C’est une bonne nouvelle qui est arrivée, vendredi en fin de matinée, en provenance de la direction de Liberty Liège. En effet, le sidérurgiste a annoncé que le financement nécessaire à la réalisation de la première étape du plan de transformation de l’entreprise, qui comprend deux usines à Flémalle et Tilleur, a été reçu de Liberty Steel Group. “Ce financement, combiné à l’aboutissement d’un certain nombre de négociations commerciales, permet d’envisager le redémarrage des usines pour la mi-février, conformément à l’engagement pris par Liberty auprès des autorités”, confirme ainsi la direction liégeoise.

Toujours selon ses dires, le plan de transformation, qui assurera à l’entreprise liégeoise un avenir durable à long terme, devrait être bien avancé d’ici le printemps. Le plan prévoit que la ligne de Packaging à Tilleur développe un nouveau modèle d’entreprise, qui lui permettra d’établir des partenariats avec des clients importants pour fabriquer des emballages spécialisés pour leurs produits.

De son côté, la ligne de galvanisation G5 à Flémalle devrait être utilisée pour générer des bénéfices à court terme.

La direction liégeoise de Liberty poursuit encore les discussions avec la SOGEPA, le fonds d’investissement de la Région wallonne, pour le développement futur de l’entreprise.

“Nous sommes fermement convaincus que ce nouveau plan est dans le meilleur intérêt de nos employés et de notre fidèle clientèle”, continue Toker Ozcan, CEO de Liberty Steel Greensteel Emea qui inclut Liberty Liège. “Il nous aidera à mettre en place un modèle économique durable pour Liberty Liège. Maintenant que nous avons le financement initial en place, ce qui démontre l’engagement de Liberty envers l’entreprise, nous sommes en mesure de restructurer et de faire monter en puissance l’entreprise dès que possible. Nous continuons à encourager le gouvernement régional à soutenir la réalisation de ce plan. Avec l’augmentation continue des prix de l’énergie en Europe, avec leur impact sur les importations bon marché, nous avons également besoin de l’engagement continu des syndicats pour soutenir la transformation de Liberty Liège, qui rendra l’entreprise plus productive, plus compétitive et mieux à même d’affronter le marché mondial.”

Cette nouvelle est quelque peu inattendue puisque, fin décembre, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, la direction de Liberty Steel avait en effet appris aux représentants du personnel que la filiale roumaine du groupe n’allait plus prêter les 10 millions d’euros promis à la filiale liégeoise !

Pour bien comprendre, un retour en arrière s’impose. Le 11 mai dernier, Liberty Steel a demandé et obtenu d’être placée sous procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Ce “statut” lui a été accordé par le tribunal de l’entreprise de Liège pour mettre le sidérurgiste à l’abri de ses créanciers.

À l’époque, on parlait d’une soixantaine de millions de dettes… Ce statut avait pour but de donner du temps à la direction pour lui permettre de mettre sur pied un plan de sauvetage des sites liégeois et luxembourgeois qui lui sont associés.

Ce plan qui a valu à Liberty Steel se sortir de la PRJ sans trop de difficultés, prévoyait que les Roumains de Liberty Galati, la plus grande aciérie intégrée de Roumanie, deviennent le principal fournisseur de bobines laminées à chaud (HRC) des entreprises en aval de Liberty, garantissant ainsi un approvisionnement sûr et durable de leur matière première.

Il prévoyait aussi que Liberty Galati prête 10 millions à l’unité liégeoise. Il était enfin question d’une restructuration prévoyant 153 départs (sur 743 travailleurs à l'époque) , un chiffre revu à 90, après des négociations avec les syndicats.