Le parquet fédéral a requis une peine de douze mois de prison avec sursis à l'encontre d’un commandant de l’armée accusé devant le tribunal correctionnel de Liège d'avoir commis des attentats à la pudeur et un viol technique sur une autre militaire qui était sa subalterne. Les faits se seraient produits dans la nuit du 12 au 13 mars 2020 au domicile du commandant en Allemagne, après une fête qui s’est déroulée à la caserne. Les festivités ont été organisées pour le départ du gradé. “J’avais organisé un repas pour le détachement belge”, a expliqué le prévenu. J’avais le statut de chef de corps. J’étais le plus gradé à la caserne. En fin de soirée, on était encore cinq personnes. Nous avions bien bu.

Selon plusieurs témoins, mais aussi du gradé, la dame avait amené sa propre bouteille d’alcool sur place. Elle était ivre. “Elle s’est endormie sur le bar. Elle a titubé. Elle a été déséquilibrée sur moi. Je me suis dit qu’il fallait clôturer la soirée. J’ai proposé qu’elle dorme sur un sofa qui se trouvait là. Mais je me suis dit c’est bête, j’habite à 500 mètres de chez elle, je vais la ramener.” L’homme a aidé la dame à aller jusqu’à sa voiture. Un seul témoin a déclaré qu’elle était couchée dans la voiture. “Elle a mis sa ceinture de sécurité elle-même. Elle voulait me parler de problèmes relationnels avec son mari. Je lui ai dit que l’on avait trop bu.

Un élément que dément totalement la dame. Les deux protagonistes sont rentrés dans le domicile du gradé. “ Je me suis servi un verre de vin, je lui ai servi de l’eau. On a eu une discussion d’ivrogne. Elle m’a dit que son mari ne lui porte aucune considération, ne lui fait jamais de compliments. Elle n’avait aucun droit, elle serait rabaissée à chaque fois, qu’il n’a pas de considération pour elle et qu’il était virulent. On a discuté longuement.

C’est alors qu'un rapprochement s’est opéré entre les deux protagonistes. Selon la dame, il n’était pas consenti, selon l’homme rien n’a laissé présager un refus. “ Elle était très affectée dans son discours. Elle était en pleurs. On s’est embrassés. On est passés dans le salon. On a fait des câlins. Il y a eu des caresses sur le corps de la part des deux. Rien ne semblait être forcé. Je n’ai jamais obligé la moindre femme à faire quoi que ce soit. Je l’ai embrassée dans le cou et la poitrine, elle m’a retiré le visage parce qu’elle avait une sensibilité mammaire et donc j’ai arrêté."

La scène se serait déroulée en plusieurs temps."Je suis sorti plusieurs fois pour fumer. Elle est allée aux toilettes. Quand je suis revenu, elle était installée dans mon lit. J’aurais pu aller dans une autre chambre, j’ai été stupide. Je ne voulais surement pas que ça aille plus loin. Je réfute totalement le viol.” La plaignante a décrit des attouchements et une pénétration digitale. Après les faits, la dame lui a envoyé une invitation Facebook qu’il a refusée et lui a envoyé de nombreux messages. Elle l'a invité à manger avec elle. “Je lui ai dit que l'on avait fait une bêtise qu’il fallait en rester là.” La défense a plaidé l’acquittement ou, à titre subsidiaire, une suspension du prononcé. La décision sera rendue le mois prochain.