Liège Dans "Poupée d’Orgueil", réédité à l’occasion des festivités, Michel Elsdorf dessine sa ville et son quartier.

Il y a 36 ans, en 1983 précisément, après plus de dix années passées à réaliser des dessins, des ex-libris… Michel Esldorf décide de s’essayer à la bande dessinée. Né à Liège, dans le quartier d’Outremeuse, rue Grande-Bêche, l’artiste issu des Beaux-arts de Liège souhaite allier son amour pour Liège et sa passion du dessin dans une première BD intitulée Poupée d’orgueil.

"À l’époque, j’étais fasciné par tout ce qui est fantastique", explique-t-il. Plantée dans le décor de la ville de Liège des années 80, "la BD met en scène l’histoire de deux jeunes filles dont l’une est un être maléfique. L’autre essaie de l’empêcher de réaliser ses projets destructeurs. La sorcière va détruire des monuments emblématiques de la ville comme une tour de Droixhe, le monument de la Citadelle…". Car cette BD a surtout de particulier de mettre en avant une série de rues et bâtiments liégeois. L’auteur dessine Liège comme décor unique, mais surtout "son" quartier d’Outremeuse. Le lecteur retrouve ainsi l’entrée et la cour du palais des Princes-Evêques, la Montagne de Bueren, la cathédrale Saint-Paul, la Citadelle, le pont de Fragnée…

Un décor qui en 36 ans, "a changé en de nombreux endroits" comme le rappelle avec sourire l’auteur : "C’était toujours le temps des travaux de la place Saint-Lambert, le Tec s’appelait encore la Stil, on pouvait fumer un peu partout, on défendait le retour des Fourons en Wallonie…" Il y dessine aussi son angoisse de l’époque : le danger du nucléaire. "Une problématique qui est toujours d’actualité malheureusement".

À l’occasion des festivités du 15 Août, Noir Dessin Production réédite les planches de cette BD de 64 pages authentiquement liégeoise, pour la première fois en couleurs. L’occasion de redécouvrir la Cité ardente des années 80. Une adaptation en wallon Neûre Macrale (Noire Sorcière) est également parue pour l’occasion, avec la collaboration de Paul-Henri Thomsin. Chaque édition est limitée à 500 exemplaires. À noter qu’ils seront les 14 et 15 août au numéro 10 de la rue Surlet pour une dédicace.