Le parquet ne s’est pas opposé à une peine de travail ou à un sursis et a requis des amendes de 2 000 et 1 000 euros à multiplier par les décimes, soit 16 000 et 8 000 euros devant le tribunal correctionnel de Liège à l’encontre de l’échevin Pierre Stassart, 59 ans, en charge de l’instruction publique à Liège et sa compagne de l’époque, une dame âgée de 48 ans, dans le cadre de l’engagement en 2016 de dans une Haute Ecole de la Ville de Liège. 

Le ministère public n'a pas contre par souhaité que le tribunal condamne l'échevin à l'inéligibilité. 

Le parquet reproche à Pierre Stassart, étant une personne exerçant une fonction publique, d’avoir “pris certaines initiatives et participé à la prise de différentes décisions au sein de la Ville de Liège et de la Haute Ecole de la Ville de Liège concernant la désignation de Mme X à différents emplois de la Haute Ecole de la Ville de Liège alors que M. Stassart et cette dame entretenaient une relation intime.” 

En 2016, la dame a postulé à un emploi au sein d’une Haute Ecole de la Ville de Liège, elle a fourni une copie d’un certificat de casier judiciaire alors qu’il était de coutume de fournir un original. Selon le parquet, il aurait par une “mise sous pression la directrice de l’instruction publique, fait modifier les pratiques administratives suivies jusqu’alors par la Ville de Liège et selon lesquelles sous peine d’irrecevabilité, toute candidature à un emploi de l’instruction publique doit comporter un extrait original du casier judiciaire et ainsi, dans le cas d’espèce, permis de déclarer recevable la candidature de Mme X (ainsi que celles d’autres candidats ) alors qu’elle ne l’eût pas été sans ce changement de pratiques.” Le parquet reproche également à Pierre Stassart d’avoir participé à la prise de décision de la désignation de Mme X en tant que Président de l’organe de gestion de la HEL, Président de la commission paritaire de l’instruction publique et membre du conseil communal. 

Ce que l’on me reproche est totalement infondé”, se défend-t-il. “Il n’y a aucun acte illégal. Je me demande pourquoi je suis poursuivi. Je suis resté dans la légalité. Les procédures ont été respectées. Je dois être acquitté.” 

Me Adrien Masset et Fabrice Giovannangeli qui assurent leur défense ont plaidé l’absence de prise d’intérêt illégal. “ L’intérêt moral n’est pas suffisant pour déclarer la prévention établie”, a plaidé Me Masset. L’avocat a également déposé une attestation dans laquelle une personne déclare qu’il était de notoriété publique que Pierre Stassart entretenait une relation avec cette dame. Me Giovannangeli a également plaidé l’acquittement. Les avocats ont aussi demandé la suspension du prononcé.

Les deux prévenus ont rappelé qu'ils démentaient les préventions à leur charge. La décision sera rendue en décembre prochain.