Les avocats de la défense des syndicalistes poursuivis devant la cour d’appel de Liège ont plaidé l’irrecevabilité des poursuites pour les dix-sept syndicalistes qui doivent répondre des faits qui sont déroulés le 19 octobre 2015 sur l’autoroute E 40 à Herstal. Les avocats ont estimé que les droits de la défense avaient été bafoués car tous leurs clients n’auraient pas eu l’opportunité de demander des devoirs complémentaires car ils n’ont pas directement été poursuivis mais entendus comme témoins au départ. Les avocats ont aussi plaidé le dépassement du délai raisonnable et ont demandé l’acquittement de leurs clients en estimant qu'ils n'étaient pas directement liés aux faits. 

Le parquet général a développé une toute autre position. “Sur les images enregistrées, on voit que contrairement à ce qui a été dit ici, il n’y a pas de casseurs”, a expliqué l’avocate générale. “ Ce sont des manifestants qui sont montés sur la route. Il y a peut-être un dérapage de manifestants, mais il n’y a pas de casseurs. Le feu qui a été bouté a duré pendant toute la manifestation.” Selon la magistrate un homme qui a quitté le milieu syndical a confié avoir reçu l’instruction, dès 5 heures du matin de bloquer l’autoroute avec les voitures des responsables, des délégués syndicaux. “Le but était de faire comprendre leur détermination. On leur a dit d’attendre que l’autoroute soit à l’arrêt dans le chantier pour placer les véhicules.” 

Le chantier a été placé comme bouclier selon l’avocate générale. “Ils pensaient que ce n’était pas grave. Ils l’avaient déjà fait et il n’y avait pas eu de poursuites.” Selon la magistrate, il y avait un encadrement par les délégués syndicaux. “Il y avait des bidons d’essence amenés sur place. Un camionneur en a été témoin. Il y avait des responsables sur place. Une remorque a été acheminée à l'endroit. Elle était remplie de vieux pneus. Le blocage était total. Le barrage était hermétique.” L’arrêt sera rendu le 19 octobre prochain.