Célia K, l’ancienne manager du JD Sports de la Médiacité à Liège, encourt une peine de cinq mois de prison et 800 euros sans s'opposer au sursis devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir tenu des propos discriminatoires. Pour rappel, le 23 octobre 2019, une vidéo a été tournée dans laquelle elle aurait demandé à ses employés de se placer par files en fin de journée selon leur origine. "Une file d’Arabes, une file de bamboulas, macaques et une file de Gwers", aurait-elle déclaré. Dans ce magasin, il était imposé aux personnes de se classer par files pour s'assurer qu'elles n'avaient pas volé. 

Cette vidéo a fait le tour de la toile et a provoqué un véritable tollé. Un des employés a décidé de déposer plainte et les nombreux employés de ce magasin se sont mis en incapacité de travail. A la suite de ces faits, la manager a été rapidement licenciée. Lors de son audition, elle aurait déclaré qu’elle avait dit cela sur le ton de l’humour. Plusieurs personnes ont déclaré que ce n'était pas la première fois qu'elle s'exprimait de la sorte et que cela les avait mis mal à l'aise. "Certains ont ri, mais c'était nerveux."

Il y a eu ensuite des pillages dans les magasins de la chaîne et une manifestation a été organisée par la Ligue de la Défense Noire Africaine. Mais lors de l’audience devant le tribunal correctionnel, le calme était revenu. “Je travaillais là depuis deux ans”, a déclaré la prévenue. “Je suis rentrée en 2017. Ce jour-là, je ne travaillais pas. Je suis venue parce que l’on avait prévu d’aller à la foire ensemble.

A chaque fermeture, chaque employé et chaque manager passait devant tout le monde pour montrer qu’ils n’avaient rien volé. “On fait une file. On était fort familiaux au niveau de l’équipe. On se soutenait, j’ai engagé la plupart. J’ai dit on va faire une file de Gwers, de macaques et Arabes, mais c’était sans signification particulière. “ Selon la prévenue, elle n’a visé personne en particulier. “ Ce n’était pas mon intention de blesser. Je l’ai dit sur le ton de l’humour et cette personne m’a fait un câlin. Elle n’était pas offensée.

En réalité, cet employé a dit qu’il avait pris la dame dans ses bras et lui avait dit “bougnoule” avant de lui dire qu’elle “allait se calmer.” J’ai dit les bamboulas et les macaques, mais j’ai dit cela sur le ton de la rigolade.” La prévenue a déclaré qu’elle avait engagé la plupart des employés. Le lendemain, un des employés est allé trouver une responsable pour lui faire part de son mécontentement alors que selon elle, l’ambiance était bonne juste après les faits. “Je ne voulais offenser personne. Mon responsable m’a ensuite informée que j’allais être sanctionnée. Après, j’ai parlé à toutes les personnes d’origine africaine qui aurait pu se sentir offensée. Une seule personne a déclaré que je ne m’étais pas excusée alors qu’il y a un enregistrement par les caméras du magasin de mes excuses.

Depuis les faits, la jeune femme ne travaille plus. "Je suis en dépression. Je suis suivie par un psychiatre. Cela m’a détruit. Mon nom et mon adresse sont passés partout. Cela m’a détruite. C’est impossible de trouver un emploi. Si l’on tape mon nom sur Internet, je passe pour une raciste. Il y a encore un an, j’ai encore reçu des menaces. Je ne suis pas raciste. C’était une blague dans une ambiance familiale. Ca n'aurait jamais dû prendre cette proposition. Je me suis déjà fait traiter de beurette dans le magasin par des collègues. Je ne l'ai jamais mal pris."

Selon les personnes entendues elle était grossière et familière, mais pas spécialement raciste. Elle aurait déjà dit qu’elle n’aimait pas les noirs en disant à un homme qu'il n'était pas son type d’homme. Elle a déjà traité les membres de son équipe "de fils de p..., de sale noir ou sale arabe, mais pas dans un sens raciste", selon un témoin. "Elle ne réfléchit pas avant de parler. Elle regrette ses propos. Si elle va trop loin, elle s’excuse de suite. Au départ, tout est dit sous le ton de la blague. Elle s’est déjà moquée de sa propre origine en traitant les gens de sale arabe."

Me Philippe Zevenne assure la défense de la prévenue.