Les avocats de la défense des douze prévenus qui doivent répondre de leur implication supposée dans le plus gros trafic international de vente de cocaïne et héroïne mis à jour ont plaidé devant le tribunal correctionnel de Liège. Pour rappel, lors de plusieurs saisies d’ampleur, les autorités internationales ont réussi à saisir plusieurs tonnes de drogue et à mettre à jour un trafic avec des ramifications internationales qui passait en Belgique et plus précisément à Liège au départ d’une société de vente de produits pour pitas ! Selon le parquet, l'actif illégal engendré par cette organisation criminelle pourrait s'élever à cinq milliards d'euros !

L’enquête a déterminé que le 9 décembre 2016, la police nationale Equatorienne a saisi 11, 8 tonnes de cocaïne d’une valeur de revente de 592 millions d’euros. Cette cargaison qui devait arriver au Port d’Anvers était destinée à la SPRL Rizzutti. La drogue était dissimulée dans des sacs de sel.

Le 3 mars 2017, les douanes turques ont découvert cent et trois kilos d’héroïne dissimulés dans des sacs de ciment dont la valeur de revente est de quatre millions d’euros. La société destinataire était la société Shalu de Turnhout.

Le 4 juin 2018, les douanes d’Anvers ont saisi 312 kilos d’héroïne au port d’Anvers dans des conteneurs remplis de roofing. La drogue a été estimée à une valeur de revente de 12 millions d’euros. Elle provenait d’Iran et la société destinataire était la SPRL Continentale située à Liège. La police judiciaire fédérale a pu faire un lien entre ces trois saisies.

Selon le parquet fédéral, c’est un certain Mehmet, de nationalité turque qui serait à la tête de cette organisation criminelle internationale. L’homme est fugitif. Douze prévenus sont poursuivis. Le tribunal a entendu Ulas, présenté par le parquet général comme étant le numéro deux de l’organisation criminelle. Il a déclaré qu’il n’était pas au courant qu’il faisait transiter de la drogue. Tous les prévenus ont minimisé ou nié leur implication dans les faits. Plusieurs d'entre-eux ont fait état de graves menaces qui avaient été proférées sur leurs familles.

Me Sandra Berbuto et Me Thomas Grulois ont entamé les plaidoiries pour Ulas. Les avocats ont contesté le statut de dirigeant de leur client et ont demandé une peine permettant d'accorder un sursis, donc inférieure ou égale à 5 ans.

Me Renaud Molders-Pierre a souligné que son client est âgé de 63 ans et a estimé que les peines requises ne sont pas justifiée. Il a aussi avancé qu’aucun élément n’impliquait son client et a plaidé l’acquittement. Me Maxime Toller a plaidé pour le fils du précédent suspect. Il a estimé que l’on ne pouvait faire aucun lien entre son client et les stupéfiants. "Six mois de détention préventive n'ont apporté aucun élément allant dans ce sens", a souligné Me Toller. Il a plaidé l’acquittement. D’autres avocats ont plaidé l’acquittement et la clémence. Le tribunal rendra son jugement en janvier prochain.