Le tribunal correctionnel de Liège a entendu les dernières plaidoiries des avocats dans un dossier dans lequel quatre prévenus âgés de 21 à 27 ans sont soupçonnés d’avoir prostitué des mineures, encourent des peines allant de deux ans de prison à dix ans de prison ferme. Les victimes, quatre jeunes filles âgées de 14 à 16 ans ont déclaré avoir été obligées à se prostituer. Selon le parquet, les faits qu’ils auraient commis se sont déroulés entre novembre 2019 et le jour de l’arrestation d’un des suspects, le 2 décembre 2020. 

 Selon les jeunes filles, au départ, elles étaient prostituées par un seul homme, mais ce dernier se serait associé à trois autres personnes dont sa propre petite amie pour avoir la main-mise sur elles. Au départ, il aurait ponctionné une commission de cinquante pour cent avant de leur prendre l’entièreté des revenus. Elles ont expliqué avoir été violentées ce que les prévenus ont nié. Une des jeunes filles qui a expliqué être tombée amoureuse d’un des prévenus avant que celui-ci ne la prostitue. Elle a déclaré avoir été notamment frappée avec des objets ou encore séquestrée. 

 Lors d’une précédente audience, les prévenus ont avoué avoir placé des petites annonces sur des sites Internet spécialisés, mais ont nié les autres préventions. Ils ont également déclaré que les jeunes filles continuaient à se prostituer alors qu’elles n’ont plus de contacts avec eux. 

 Un des principaux prévenus a expliqué que c’est la jeune fille qui lui avait demandé de la protéger alors qu’elle exerçait déjà la prostitution. "Au début, je ne savais pas qu’elle était mineure d’âge. Elle m’a donné 20 pour cent de ce qu’elle gagnait. C’est elle-même qui voulait faire cela. Personne ne l’a jamais forcée.

 Une autre jeune fille a expliqué le même modus operandi dans le chef d’un autre suspect qui a d’abord débuté une relation avec elle avant de l’amener à se prostituer. Une autre compagne, également poursuivie pour avoir prostitué des jeunes filles a déclaré qu’elle avait elle-même été victime de ces faits avant de les reproduire sur d’autres jeunes filles. Elle a expliqué qu’elle avait été victime de coups de la part de son compagnon et qu’elle avait été forcée de se prostituer pour lui. 

Me Adrien Croisier avait plaidé la contrainte irrésistible pour cette prévenue qui aurait elle-même était contrainte, plaintes à l’appui, de se prostituer. A la défense d’un des principaux prévenus, Me Zevenne a estimé qu’il n’y avait pas eu de traite des êtres humains dans cette affaire. Il a avancé le caractère consenti dans le chef des mineures. Il a démenti les violences tant psychologiques que physiques. "Mon client est en aveux d’avoir participé et profité à la prostitution", a plaidé l’avocat qui a plaidé une peine égale ou de moins de cinq ans permettant un sursis probatoire. L’avocat d’un autre prévenu a plaidé l’acquittement.