Liège Les recettes de ce contrat liant Liège et JC Decaux ont quasi doublé… Honte et escroquerie dit Écolo.

Suite et presque fin des débats budgétaires au conseil communal de Liège. Ce mardi, les chefs de groupes de l’opposition (MR, Écolo, PTB et Vega) étaient attendus pour évoquer leurs remarques, reproches et autres critiques à l’égard du budget.

Dans le collimateur du MR mais aussi et surtout d’Écolo, un point de détail… qui n’en est pas un : ce contrat passé pour l’installation de panneaux publicitaires et d’abribus et qui lie la société JC Decaux à la Ville de Liège depuis 2001. Il devait être renouvelé cette année mais, faute d’avoir pu le conclure dans un cadre légal (et à temps), il a été prolongé d’un an au travers d’un avenant… qui fait l’objet d’un recours introduit par Clear Channel, principal concurrent de JC Decaux.

Pourtant, la Ville semble aujourd’hui bien tabler sur les recettes enregistrées par ce marché. Non contente de les avoir intégrées au budget 2017 malgré le recours, elle a quasi doublé cette rentrée. Merci qui ? Pour Sarah Schlitz, conseillère Écolo qui abordera ce dossier en détail ce mercredi soir (avant le vote final du budget), si le calcul est risqué, il semble aussi fallacieux.

"Il faut quand même reconnaître qu’avec ce recours, un risque existe désormais que l’avenant soit annulé et, dès lors, que la compensation financière liée à la prolongation ne puisse pas être perçue", observe la conseillère, "Pourtant, la Ville a non seulement conservé ce montant mais elle l’a aussi gonflé considérablement. Ce ne sont pas 1.360.699 euros qui sont inscrits mais 2.536.699. Ce bonus est une estimation de l’avance que la Ville espère obtenir au moment de l’éventuelle signature du prochain contrat, en novembre 2017". Vous avez dit risqué ?

Et l’Écolo d’insister par ailleurs sur les alternatives à ce type de marché : "de nombreuses communes ne fonctionnent pas de la sorte". La Région pourrait ainsi intervenir à raison de 80 % dans le financement d’abribus non intégrés dans un marché de ce type. "Grenoble est un exemple", insiste encore la conseillère qui prône pour une ville "sans pub". Pourquoi pas ?


"Le syndrome du Titanic"

En guise d’amuse-bouche au budget communal, les budgets de police et du CPAS étaient au cœur des débats ce lundi soir, à l’hôtel de Ville de Liège. Bonne nouvelle pour le CPAS : la Ville annonce une augmentation de la dotation de 300.000 euros soit de 1,15 %. Dans une ville où la précarité n’évolue pas, ce serait (peut-être) suffisant. Pas ici dénonce Écolo par la voix de Caroline Saal.

Pour la conseillère Écolo en effet, le scénario qui se dessine pour les finances du CPAS de Liège est "proche de celui du Titanic : certains croient qu’avec une pelletée de subsides, ça va aller et oublient les obstacles qui se dressent". Le naufrage serait proche…

Les chiffres valent mieux que les grands discours. On le sait, le nombre de revenus d’intégration augmente partout… à Liège, entre 2015 et 2016, il y en a eu 700 de plus. Les assistants sociaux sont débordés insiste l’Écolo, "un assistant est en charge de 101 dossiers". De quoi passer 1 h 30 sur chaque dossier… par mois.

Manque de moyens et d’une politique claire face à une misère qui est pourtant toujours plus visible… "Écolo ne peut valider ce budget trop peu anticipatif et en inadéquation avec les besoins réels du CPAS".