La chambre du conseil a ordonné le renvoi d’un policier qui a rédigé la mainlevée dans le dossier de Louis Lavergne, cette jeune fille tuée par Patrick Vanderlinden, 54 ans, son voisin, un délinquant sexuel récidiviste. Deux autres policiers qui étaient inculpés à ses côtés ont bénéficié de non-lieu.

Le 8 octobre 2017, Patrick Vanderlinden, un délinquant sexuel récidiviste âgé de 54 ans, a poignardé Louise Lavergne, une étudiante en médecine vétérinaire à Liège. La jeune femme avait averti la police d’un comportement délictueux d’un délinquant récidiviste sous le coup de mesures probatoires.

Les trois policiers étaient soupçonnés d’homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution et d’abstention de porter secours. Ils ont été relaxés de cette dernière prévention.

Le premier policier est celui qui a reçu Louise Lavergne et son compagnon au commissariat.

Peu auparavant, la jeune femme avait surpris son voisin complètement nu qui venait de lui déposer un mot explicite. Ce premier policier qui a dirigé Louise vers son collègue a obtenu un non-lieu. Le deuxième policier est celui qui a rédigé la main courante et est le seul renvoyé. Il a consulté les antécédents du suspect et, selon la chambre du conseil, aurait dû être alerté. Il aurait rédigé la fiche de manière erronée en ne mentionnant qu’un comportement malsain et non pas des infractions.

La chambre du conseil a estimé que le fait qu’elle soit mal rédigée pourrait être en lien causal avec le décès.

Le troisième policier était celui qui était chargé de s’assurer que Patrick Vanderlinden respectait ses conditions. La chambre du conseil a estimé qu’il pouvait ne pas être alerté par la mainlevée ainsi rédigée. Me Jean-Louis Gilissen, l’avocat du policier renvoyé a préféré ne pas s’exprimer sans en parler avec son client.

Du côté de la famille, on espère un procès rapide. “C’est une ordonnance longuement motivée”, estime Me Adrien Masset qui défend la famille de la victime. “La famille n’attend qu’une chose c’est qu’un procès se tienne. Elle est éprouvée par la longueur de la procédure judiciaire.”