Le MR s’est abstenu sur la motion relative à la régularisation des sans-papiers…

Comme nous l’indiquions ce lundi soir, une nouvelle mobilisation était organisée, ce 3 février, en "ouverture" du conseil communal de Liège. Comme le 18 décembre dernier en effet, le collectif de soutien aux sans-papiers de Liège était venu rappeler les enjeux humains de ce combat. Et réclamer un vote unanime pour cette motion visant une régularisation des sans-papiers plus humaine.

On pouvait s’y attendre, la majorité PS-MR n’a pas parlé d’une seule voix. La motion fut approuvée grâce à une majorité "de rechange"… Hormis le MR, tous les autres partis (PS PTB, Vert Ardent, CDH, Vega et Défi) ont voté pour. Les différents élus MR se sont quant à eux abstenus, justifiant cette position par le fait que les amendements proposés n’avaient pas pu être débattus a indiqué Diana Nikolic, cheffe de groupe libérale. Tandis que les échevines Christine Defraigne et Élisabeth Fraipont s’étaient éclipsées du conseil.

En substance, la motion votée lundi soir constitue pourtant, une nouvelle fois, un signal fort envoyé par la métropole liégeoise au fédéral.

Commission indépendante

Cette motion, à transmettre aux négociateurs pour la formation d’un gouvernement fédéral, réclame la régularisation des sans-papiers sur base de critères clairs et à mettre en œuvre par une commission permanente indépendante de l’Office des étrangers. Ces critères devraient notamment tenir compte du fait que certaines personnes seraient en danger si elles étaient renvoyées dans leur pays d’origine ou du fait qu’il s’agit de personnes engagées socialement et culturellement et dont les enfants sont scolarisés en Belgique. Quant à la commission indépendante, l’objectif est que la régularisation "ne soit plus le fait des seuls Secrétaire d’État à l’asile et aux migrations, et de l’Office des Étrangers, mais qu’elle soit opérée par une commission regroupant magistrats, ONG, et associations de la société civile, comme lors de la régularisation de 2000, ce qui assurerait davantage de transparence", insistait France Arets, porte-parole du collectif.

Dans les rangs de l’opposition, les arguments en faveur d’une régularisation des sans-papiers plus humaine n’ont donc pas manqué. Pour Guy Krettels, conseiller Vert Ardent (Ecolo), "cela doit aussi couper les ailes à la mafia, aux marchands de sommeil, aux pratiques du dumping social"… Comprenons à tous ceux qui profitent de la misère. Et le conseiller d’évoquer encore la "misère matérielle", "l’humiliation"… lots quotidiens des sans papiers. "Des personnes pourtant déjà intégrées, qui travaillent", rappelait Antonio Gomez Garcia, conseiller PTB.

"Ne rien lâcher face à l’extrême droite"

"S’il y a bien un domaine sur lequel il ne faut rien céder, face aux dérives de l’extrême droite, c’est celui-là", insistait également François Schreuer, de Vega, "celui des droits fondamentaux".

Pour Benoît Drèze enfin, du CDH, "c’est aussi le moment d’envoyer un message fort aux négociateurs et au fédéral".